
Dans son propos, Joël Poté a réitéré à Banny que Blé Goudé « est incontestablement un acteur clé de la scène politique ivoirienne. Sa place n’est donc pas en prison. Au contraire, « il doit intégrer le dialogue politique pour booster le processus de réconciliation ». Si Blé Goudé devait rester en prison, Joël Poté assure que « le Cojep prendra acte de la volonté du pouvoir de mettre Blé à l’écart du processus et en tirera les conséquences ».
Après le hui clos, Charles Konan Banny a accompagné ses invités à la porte. C’est en le voyant que filles et garçons du Cojep, tous de blanc vêtus, ont scandé en chœur : « Libérez Gbapê ». Le président de la Cdvr s’est exprimé en quelques secondes devant les patriotes. Il a indiqué que la manifestation du Cojep entre dans le cadre de la démocratie et de la mission de réconciliation. Pour lui, la Cdvr étant un espace de dialogue, il est normal que les jeunes manifestent chez lui. Il a aussi salué l’esprit de dialogue dont fait preuve le mouvement politique créé par Blé Goudé, parce que, pour lui, le dialogue est l’arme des forts. L’ancien Premier ministre a, par ailleurs, émis le souhait de retrouver tous ces jeunes le 2 février prochain à sa même résidence.
A la suite de Charles Konan Banny, le président par intérim du Cojep a pris la parole pour rendre compte de l’audience avec Banny à ses camarades. « Nous sommes venus demander au président de la Cdvr de jouer de son importance pour que le président-fondateur soit libéré », a-t-il indiqué. Pour participer à la manifestation de samedi, les jeunes patriotes sont venus de toutes les communs et de plusieurs villes de l’intérieur. Beaucoup d’entre portaient des pancartes avec divers messages politiques : « Oui pour une réconciliation vraie », « Que le président Ouattara libère son frère Gbagbo », « Il faut une loi d’amnistie pour tous les prisonniers ».
Après la manifestation, les jeunes patriotes sont rentrés calmement dans leurs différentes bases.
Armand Bohui in Notre Voie
bohuiarmand@yahoo.fr
Le Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP), mouvement proche de l’ex- président Laurent Gbagbo, a plaidé dimanche pour une résolution pacifique de la crise qui oppose les autorités du pays aux pro- Gbagbo.
"Pour une sortie de crise réussie, deux voies se présentent : la voie judiciaire et la voie politique. Nous sommes pour la voie politique", a déclaré le président par intérim du COJEP, Joël Poté, à l’issue d’une rencontre à Abidjan avec le président de la Commission dialogue, vérité, réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny.
Les jeunes pro-Gbagbo ont ainsi plaidé pour que les autorités du pays prononcent une amnistie au profit des prisonniers politiques issus de ce groupement politique, détenus depuis la crise post-électorale.
"Nous sommes disposés à parler le langage de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale", noté Joël Poté.
"Nous avons dialogué pour rechercher ce qui est de mieux pour l’ avenir de notre pays", a soutenu pour sa part le président de la CDVR Charles Konan Banny.
Les rencontres se multiplient depuis plusieurs semaines entre les pro-Gbagbo et les autorités.
Avant le président de la CDVR, les jeunes pro-Gbagbo avaient échangé avec le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko qui avait exprimé l’engagement du gouvernement en faveur du dialogue et de la réconciliation, mais qui avait demandé de "laisser la justice faire son travail".
La Côte d’Ivoire tente de sortir d’une crise aiguë qui a opposé les pro-Gbagbo aux pro-Ouattara qui a secoué le pays au lendemain de l’élection présidentielle de décembre 2010.
La réconciliation nationale se présente comme l’un des défis majeurs à relever pour le retour à la normalité après cette crise post-électorale qui a fait au moins 3.000 morts et un million de déplacés.
Xinhua
Mon, 04 Feb 2013 07:41:00 +0100
