décembre 4, 2022

PARIS – Débat électrique entre Hollande et Sarkozy, qui s’opposent frontalement sur le bilan et la dette

Les deux finalistes de la présidentielle se sont opposés frontalement mercredi soir, François Hollande renvoyant sans cesse à son bilan Nicolas Sarkozy qui, de son côté, a plusieurs fois accusé le candidat PS de mentir, en particulier lors de joutes sur la dette publique.

A quatre jours du vote décisif de dimanche, les deux hommes se montraient très pugnaces après plus d’une heure et demie d’un débat tendu, parfois technique, qui devait durer au total un peu plus de 2H30.

Premier, par tirage au sort, à s’exprimer, le candidat socialiste a d’emblée assuré que, s’il était élu, il serait "le président de la justice", du "redressement" et du "rassemblement", attaquant en creux M. Sarkozy.

"Si vous avez le sentiment que pendant cinq ans, vous avez rassemblé tous les Français, vous ne les avez pas divisés, vous ne les avez pas opposés, vous n’avez pas montré celui-ci du doigt, alors je vous donnerai quitus. Mais je sais que les Français ont eu ce sentiment", a lâché M. Hollande.

Face à lui, Nicolas Sarkozy a constamment interpellé son rival par son nom, "M. Hollande", là où le député de Corrèze s’abstenait quasiment toujours de l’appeler par son patronyme.

Le candidat de l’UMP a accusé son rival de parler de rassemblement sans pourtant condamner les attaques verbales à son endroit: "Quand on m’a comparé à Franco, à Pétain, à Laval, pourquoi pas à Hitler, vous n’avez pas dit un mot", a lancé Nicolas Sarkozy. "Ce n’est pas vrai", a nié son rival: "Vous aurez du mal à passer pour une victime".

Reprenant un argument martelé pendant le quinquennat, le président sortant s’est félicité qu’il n’y ait pas eu "d’émeutes et de violences" pendant sa mandature, malgré les réformes et les "quatre années de crise".

Après ces propos liminaires, les deux hommes sont entrés dans le vif des questions économiques, premier thème imposé, avec chacun une stratégie: attaque du bilan, pour François Hollande, et réformisme malgré la crise, pour Nicolas Sarkozy.

François Hollande, manifestement désireux de cultiver une image d’homme d’Etat capable de trancher voire d’être tranchant, a proclamé que "jamais notre déficit commercial n’avait été aussi déséquilibré".

Ironisant sur les arguments répétés par l’UMP ces derniers mois, il a ajouté: "Ca n’est pas la faute de Lionel Jospin ou même de François Mitterrand, c’est votre participation à la responsabilité du pays".

"Vous aviez dit 5% de chômage (à la fin du quinquennat), c’est 10% de chômage (aujourd’hui), ça n’est jamais de votre faute", a taclé M. Hollande, avant que le débat n’aborde le thème majeur de la dette.

"Cette dette publique est née à la fois de vos largesses fiscales pour les plus favorisés et en même temps de cette incapacité qui a été la vôtre de maîtriser la dépense publique", a dit François Hollande.

"Vous avez passé la première partie de ce débat à montrer que nous avons fait des cadeaux aux plus riches", a fustigé Nicolas Sarkozy. "Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres", a-t-il asséné, accusant son rival de "laxisme" et de "folie dépensière".

A plusieurs reprises, le président-candidat UMP a accusé son adversaire de mentir: "Dans votre volonté de démontrer l’indémontrable, vous mentez".

"Ca y est, ça vous reprend, c’est décidément un leitmotiv qui devrait pour moi être insupportable mais qui dans votre bouche finit par être une habitude", a répliqué François Hollande.

"C’est très tendu. Le thème du mensonge, on n’avait pas eu ça depuis 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac", a commenté pour l’AFP le politologue Frédéric Dabi (Ifop). "Il n’y pas eu de round d’observation", a-t-il dit, ajoutant: "Nicolas Sarkozy prend des risques".

"De façon un peu professorale, Nicolas Sarkozy délégitime les capacités de François Hollande à endosser la fonction", selon M. Dabi.

Le chef de l’Etat a notamment essayé de mettre son rival en difficulté sur l’attitude de l’opposition à l’Assemblée: "Pourquoi avez-vous voté contre le grand emprunt? Pourquoi avez-vous voté contre la suppression de la taxe professionnelle? Vous avez voté non à tout, vous avez essayé de démolir tout".

Sous l’arbitrage de Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2), les deux finalistes de la course à l’Elysée devaient ensuite confronter leurs positions sur les questions de société, le style de présidence qu’ils veulent incarner puis les dossiers internationaux.

AFP

Wed, 02 May 2012 23:33:00 +0200

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