• mar. Sep 22nd, 2026

    La Liberté d'Informer

    Université, Ouattara impuissant

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Sur la question très attendue de la fermeture des Universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé, Alassane Ouattara a été incapable de convaincre les Ivoiriens qui s’expliquent difficilement cette fermeture dans un pays normal. Ce qu’il a trouvé à dire aux Ivoiriens comme échappatoire, c’est que la fermeture des universités était indispensable. «Je voudrais savoir si vous êtes allés sur le campus, il y a deux ans. Ce n’en était pas un». Ce sont des arguments d’une si grande légèreté qu’il a voulu faire avaler aux étudiants aux Ivoiriens aussi facilement. Des Ivoiriens qui heureusement, malgré tout ce qu’ils ont enduré comme atrocités commises par les ex-rebelles, ont encore de la mémoire. Ce qu’il oublie ou qu’il feint d’oublier, c’est qu’avant le 11 avril 2011, avant que la force française (la Licorne) et les ex-rebelles reconverties en Frci ne renversent le président Laurent Gbagbo, les Universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé et tous ses démembrements fonctionnaient à merveille, les enseignants dispensaient leurs cours dans toutes les Unités de formation et de recherche (Ufr). Ces deux universités étaient bel et bien dirigées par des présidents démocratiquement élus par les enseignants, les étudiants et des membres de la société civile. Le seul défi que devaient relever les autorités académiques de l’Université de Cocody sous le régime Gbagbo était la mise sur les rails de la politique d’assainissement du campus. Malheureusement, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui appartenait au Rdr, a négativement contribué à la dégradation de l’environnement en cautionnant ou en suscitant le désordre pour en tirer des dividendes politiques. Le chef de l’Etat est mal placé pour accuser l’ex-régime, d’autant plus que c’est l’un des cadres du Rdr, Cissé Ibrahim Bacongo, qui, sous la bannière de ce parti, gérait ce ministère.
    En affirmant que l’Université de Cocody n’en était pas une, le chef de l’Etat feint d’ignorer que son parti, le Rdr, est aussi comptable de la gestion des universités publiques. Tout comme Guillaume Soro qui fut le Premier ministre de Laurent Gbagbo. L’on se souvient des menaces de mort physiques et verbales des étudiants manipulés par des mains obscures de la tutelle et dont était l’objet le docteur Séka Obodji Désiré Christophe, le dernier directeur du Crou. Jouer concomitamment au pyromane et au pompier dans ce cas d’espèce relève tout simplement de la sorcellerie politique. Ouattara et le Rdr sont très mal placés pour dénoncer la gestion des universités publiques sous Laurent Gbagbo. C’est vrai que tout n’était pas rose dans les universités publiques, notamment les problèmes d’équipements pédagogiques et d’environnement. Mais rien n’obligeait Ouattara à les fermer.

    Charles Bédé in Notre Voie

    Tue, 03 Apr 2012 01:13:00 +0200

    Laisser un commentaire

    Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
    Accepter
    Refuser
    Privacy Policy