novembre 30, 2022

Urbanisation / Après les nombreux drames à Abidjan : Près de 500 000 personnes vivent encore dans des tombeaux ouverts

Le Bassin Versant du Gourou, en réalité,est un vaste territoire à Abidjan. Il couvre 26 km² et abrite près de 500 000 personnes avec plusieurs unités résidentielles. A savoir, Abobo Kolatier, Abobo Clotcha, Abobo Derrière Rail, Adjamé Bramacôté, Cocody- Washington et Cocody-Gobelet. Il se caractérise sur trois points. Qui sont, un espace géographique, une population et un environnement. Au niveau de l’espace géographique, ce bassin est le lieu naturel de l’écoulement des eaux pluviales vers la lagune. Quant au second point, c’est-à-dire la population, elle s’est installée pour la plupart dans ce bassin sans aucune autorisation administrative et vivent permanemment dans des tombeaux ouverts. Au niveau de l’environnement, ce bassin du Gourou est devenu, au fur et à mesure, un bassin humain qui manque de toutes les commodités d’urbanisations. Aucune canalisation pour évacuer les déchets produits par les populations qui y vivent et tous les déchets solides y sont jetés. Le Bassin de Gourou est le lieu par excellence de toutes sortes d’épidémie et de risque de vie de ces Abidjanais. C’est pourquoi, «avant les prochaines saisons de pluie, l’Etat de Côte d’Ivoire avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD) ont décidé de financer le projet de gestion intégré du bassin versant du gourou», a indiqué le professeur Kouakou N’Guessan François, expert-économiste au projet intégré du bassin versant du Gourou.

Le déguerpissement n’est pas une solution

Selon le professeur Kouakou N’Guessan François, le déguerpissement de près 500 000 personnes n’est pas la solution. «Les populations ne seront pas déguerpies dans un premier temps. Il s’agira de les sensibiliser afin qu’elles comprennent. Car, le déguerpissement est relativement vaste. Vous allez les déguerpir aujourd’hui et demain, elles vont se reconstruire d’autres bidonvilles et reproduire les mêmes conditions d’insalubrités, de risque et de dangers environnementaux», a-t-il fait savoir. A cet effet, l’urgence est de faire prendre conscience à ces populations de tous les risques auxquels, elles sont exposées. C’est pourquoi, depuis quelques temps, des animateurs et animatrices ont été formés afin de mettre en marche le volet IEC (Information, Education et Communication). Il s’agit au cours de ce volet qui précède les grands travaux, d’informer, éduquer et permettre par un système de participation la connaissance des méthodes d’assainissement de l’environnement des populations vivant sur tout le bassin du Gourou. «L’environnement de l’habitation peut être très modeste, mais on peut contribuer à l’assainir et réduire les risques à partir de certaines précautions élémentaires», a confié le professeur Kouakou. Pour lui, l’objectif de cette phase d’urgence est d’amener les populations à prendre conscience du danger qui les guette et de les amener à participer à l’assainissement de leur environnement immédiat. Toutefois, «s’il ya des cas particuliers qui nécessitent des mesures particulières, peut-être ces mesures particulières peuvent se traduire en déguerpissement. Car, ce n’est pas acceptable qu’on assiste à des ensevelissements continuellement et à des morts en cascade à la suite d’éboulements. Donc, il appartient à l’Etat de prendre des mesures urgentes pour préserver la vie des populations dans ces cas précis contre elles-mêmes. Ce n’est pas à écarter mais, ce n’est pas dans le sens du déguerpissement que ce projet a été initié et cofinancé par la Bad et l’Etat de Côte d’Ivoire», a-t-il clarifié.

Un projet de plusieurs centaines de millions

Il y a eu de grands travaux dit d’urgence réalisés au niveau de l’échangeur de l’indénié et de la corniche, dans le District d’Abidjan. Alors, le projet de gestion intégré du bassin versant du gourou de plusieurs centaines de millions servira «à entreprendre des travaux qui auront une durée pérenne», a rassuré l’expert socio-économiste. Avant d’ajouter, qu’avec ces grands travaux qui vont se réaliser dans le courant du mois de février-mars, c’est-à- dire avant les saisons de pluie, l’objectif visé est aussi, dit-il, de favoriser la circulation entre la partie Nord et la partie Sud de la ville d’Abidjan. Ainsi, les ingénieurs, qui savent le mouvement et l’itinéraire des eaux depuis le Sud d’Anyama jusqu’à la Corniche de Cocody réaliseront leurs œuvres de manière à canaliser les eaux d’une part et aussi à favoriser la rétention de tous les déchets qui créent les bouchons à l’indénié.

O. Dama in L’Intelligent d’Abidjan

Fri, 11 Jan 2013 20:55:00 +0100

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