février 4, 2023

Ils étaient plusieurs centaines, le jeudi 12 janvier 2012, à sacrifier au rituel de la présentation de vœux de nouvel an au Chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Issus de toutes les couches socio-professionnelles, des confessions religieuses et des partis politiques ils sont passés à tour de rôle devant le président de la République, lui serrant la main et souhaitant certainement du fond de leur cœur « une bonne année » au chef de l’État, ajoutant que Dieu guide ses pas, de sorte à ce que ses décisions soient empreintes de sagesse et que l’année 2012, soit celle des grands défis, voire de la consécration.

Tous les partis politiques qui ont une exigence légale en Côte d’Ivoire ont fait le déplacement du palais, sauf le Front populaire ivoirien(Fpi), le parti de Laurent Gbagbo. Les « frontistes », frappés par le décès de Paul Antoine Bohoun Bouabré 48 heures plutôt et quasiment déstabilisés depuis le transfèrement du « Woody de Mama » à la cour pénale internationale (Cpi), n’ont sans doute pas jugé nécessaire de se présenter au Palais présidentiel pour s’adonner à un jeu d’hypocrite.

D’ailleurs, il aurait été incompréhensible de la part du parti de Gbagbo, qui s’est partiellement mis en dehors du processus de réconciliation, disons même de la vie politique de la nation, et qui, en conséquence ne reconnaît, au régime en place aucune légitimité, d’aller présenter des vœux au premier magistrat du pays. Qu’à cela ne tienne, la cérémonie s’est déroulée sans anicroche, donnant même l’occasion à des intervenants de souhaiter certes une bonne et heureuse année au président de la République, mais aussi de lui dire certaines vérités notamment sur la situation socio-politique dans le pays. Parmi ceux-là, nous pouvons citer Monseigneur Alexis Touabli Youlo, président de la Conférence des Evêques catholiques de Côte d’Ivoire qui s’adressant au Chef de l’Etat a indiqué :«…maintenant qu’il nous soit permis de jeter, avec vous un regard bref et serein sur la situation socio-politique de notre pays… La recherche de la paix incombe à nous tous, chacun à son niveau et selon la grâce qu’il a reçue. Cependant, la responsabilité première vous incombe en tant que Premier Magistrat de notre pays. A ce titre, c’est à vous qu’il revient en premier lieu de faire en sorte que 2012, soit pour le peuple ivoirien l’année de la vérité, de la réconciliation et de la paix. Une paix basée sur la justice… ».

Une pierre dans le jardin du Chef de l’Etat. Car par ces propos, l’homme de Dieu tient d’une part le président de la République pour premier responsable de la situation de ni paix ni guerre que connaît en ce moment la Côte d’Ivoire, ce qui n’est pas faux et d’autre part, il appelle le Chef de l’Etat à faire en sorte que la Côte d’Ivoire retrouve toute sa sérénité au plan de la paix. En évoquant la justice comme le socle de la paix, Monseigneur Alexis Touabli a sans doute voulu attirer l’attention du président Ouattara sur le cas de certains des pro-Gbagbo qui croupissent dans les prisons de l’intérieur du pays, mais dont la culpabilité dans les faits n’est nullement établie par la justice. «…car sans justice, il n’y a pas de paix véritable…» a-t-il fait remarquer. Tout comme lui, Monseigneur Ambrose Madtha, doyen du Corps diplomatique en Côte d’Ivoire, partageant une conviction du corps diplomatique accrédité auprès de la Côte d’Ivoire, a indiqué que «mes collègues et moi sommes, en effet, convaincus que l’union et la réconciliation des enfants de ce pays ne seront possibles que s’il règne un climat de confiance au sein de la population… La confiance exige que toutes les structures de l’Etat soit mises au service des citoyens et non d’une poignée de privilégiés et que se développe un dialogue stable entre toutes les composantes politiques et sociale… ».

Dans le fonds, toutes ces remarques faites, sous forme de vœux en ce début d’année, selon notre compréhension, vise à soutenir le Chef de l’Etat à poursuivre ses efforts afin de sortir le pays des profondeurs de l’abîme économique dans lesquelles il a été plongé, en vue d’améliorer, substantiellement, les conditions de vie des Ivoiriens. En réponse, le chef de l’Etat, s’agissant de la paix, a indiqué «qu’aujourd’hui la Côte d’Ivoire est en paix et de nouveau sur le chemin du développement… Nos populations se sont fermement engagées dans le processus de réconciliation nationale et la joie en ce début d’année est largement perceptible…L’année 2012 est donc porteuse de beaucoup d’espoir. Elle sera le symbole d’une Côte d’Ivoire nouvelle, rayonnante et plus que jamais ouverte au monde…». En sus, le président de la République, Alassane Ouattara estime que «les graines de la paix semées à travers les différentes rencontres avec les acteurs politiques et les diverses couches sociales, de même que la création de la Commission Dialogue, vérité et réconciliation visent à ressouder le tissu social pour bâtir une Côte d’Ivoire rassemblée, réconciliée avec elle-même où toutes ses filles et tous ses fils réapprennent à vivre ensemble».

En tout état de cause, l’année 2012 se présente sous de bons auspices. Si l’on tient compte du discours du chef de l’Etat, il y a lieu d’espérer que les difficultés auxquelles les Ivoiriens sont confrontés, aggravées l’insécurité, liée, notamment, à la dictature militaire que les Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) exercent sur les populations civiles et qui ternit gravement l’image de ce corps, la psychose qui s’est emparée des populations toute l’année dernière du fait des rumeurs de coup d’Etat, le coût, toujours élevé, du carburant, les nominations au parfum ethno-clanique…vont s’estomper. Ainsi, les Ivoiriens pourront, alors, tous adhérer au «vivre ensemble», tel que prôné par le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara.

COULIBALY Vamara in Soir Info

Mon, 16 Jan 2012 02:24:00 +0100

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