Côte d’Ivoire :  Le ceinture noire Alassane Ouattara enchaîne déjà les katas pour 2025 !

Ivoiriennes, Ivoiriens, chers Amis !

Il y a eu récemment un vif affrontement à l’Assemblée Nationale et au Sénat, mettant en opposition le garde des sceaux et le RHDP, pour la partie du gouvernement, et les groupes parlementaires de l’opposition, PDCI-RDA et PPA-CI, avec leurs alliés.

L’écrasante majorité, au sein des deux chambres des représentants du RHDP, parti du Président Alassane Ouattara, a conduit à une adoption normale, sinon même mécanique, du projet de loi soumis par l’exécutif, et tout semble redevenu calme et serein au bord de la lagune Ébrié ; l’opinion publique ivoirienne n’ayant pas eu le temps ou l’opportunité de connaître et de s’emparer d’un débat aux suites politiques et sociales très importantes, dans la ligne des élections présidentielles de 2025.

La cause pourrait être rendue de la manière la plus ramassée et simple possible, si l’on posait qu’à partir du moment où la justice a émis une condamnation à l’encontre d’un individu ou d’un groupe pour meurtre, pillage, incendie, vol, destruction d’édifice, etc …, quiconque les défend publiquement, par quelque voie que ce soit, se met en position d’œuvrer contre la loi et l’ordre public et donc s’expose à en répondre et à être poursuivi.
Pour l’heure donc, et dès maintenant, où en la liberté d’expression en général en Côte d’Ivoire, 50 ans après que le pays ait opté pour l’expression politique plurielle !

Oui, il y a un mais, il y a questionnement et inquiétude, dès que l’on vit sur le sol ivoirien et que l’on s’imprègne de ses réalités au quotidien.

De retour au pays, après un long séjour à l’étranger, l’élément qui nous a le plus frappé, pour nous qui suivons la vie publique, est que l’expression de l’opposition à la gouvernance du Président Alassane Ouattara a adopté un tempo de modération saisissant, depuis le démarrage du troisième mandat en 2020/2021.

Comme le rôle de la presse et des médias est de porter l’expression publique, par le papier, l’audiovisuel et l’internet, force est de constater qu’il y a une démission totale des supports proches de l’opposition dans l’accomplissement percutant de leur mission.

Il est connu qu’il n’y a pas de parole neutre, et que tout message n’a d’intérêt à être émis, que pour servir à l’opinion une cause bien précise, avec le moins d’ambiguïté possible.
En Côte d’Ivoire, les médias classiques ont vite pris en compte qu’avec l’évolution des mentalités et des techniques d’information, ils ne peuvent plus prétendre vivre de leurs produits.
Tous, sans exception, ne sont éligibles à la survie que grâce aux concours du Fonds National d’Appui à la Presse et de deux autres organismes gouvernementaux.

Toutes les cultures socio ethniques d’Afrique Noire disent en termes poétiques que l’on ne saurait mordre les doigts de celui qui vous assure votre pitance !

Selon la manière dont il est relaté et “servi ” aux lecteurs ou à l’opinion, en général, un fait peut s’avérer revêtir des forces d’impact aussi diverses que différentes. Et le contexte dans lequel il est présenté à l’opinion peut être encore plus puissant. Un journal peut dénoncer le coût de la vie en termes militants, mais en même temps, présenter dans la page d’en face une belle interview du leader d’une association de lutte contre la vie chère qui vante les succès de son action et assure avoir tout mis en œuvre pour faire encore mieux, avec l’appui de 2 ou 3 ministères concernés.

Il est évident que le résultat reviendra à commander au consommateur et citoyen de ne pas bouger, de ne rien faire, et d’attendre les jours meilleurs annoncés !

Et s’il se trouve en plus que ce même journal, dans la même parution, rend compte des activités de 2 à 3 ministres, présidents d’institution et directeurs généraux, réputés très dynamiques, des fiertés de la nation, le panier ou sachet de la ménagère, déjà étique, risquera de disparaître dans le plus grand silence !

Nous avons eu l’honneur de voir naître et fleurir la presse non gouvernementale en Côte d’Ivoire, depuis les années 1970, et son rôle dans le développement de la démocratie dans notre pays, à la sortie du long régime gouvernemental de parti unique, n’est pas à discuter.

Mais les énormes problèmes des sociétés de médias, pour atteindre l’équilibre de leurs charges de fonctionnement, sont désormais connus de tous.

Dans le souci d’assurer un minimum d’équilibre démocratique dans l’information au grand public, les états se virent obligés de dégager des budgets d’appui aux médias privés, pour qu’ils continuent d’exister et apporter leur part “différente” et de rupture de la communication globale.

La Côte d’Ivoire a suivi, ce qui est tout à son honneur. Mais le problème, pernicieux, et qui ne sera jamais soumis à l’opinion, est de savoir quel est le degré d’objectivité et de neutralité des autorités qui ont en charge la répartition de fonds et appuis déjà fortement insuffisants au départ, face au nombre d’entreprises sinistrées et dans l’attente, souvent, pour assurer le quotidien.

Voici où l’évolution des temps, des contextes et des hommes, ont placé l’une des nouvelles tribunes de l’évaluation du niveau réel de culture démocratique chez ceux qui, à un moment donné, sont aux commandes gouvernementales dans un pays !

Historiquement à la traîne en ce domaine, et il va de soi que les eaux des marigots des pays d’Afrique Noire, se révéleront plus gluantes et marécageuses qu’ailleurs sur la planète.

Ouvrir un débat où, quelles que soient les conclusions, les montants à repartir, et les quotas alloués, relèveront au final du OK du service de communication de la Présidence ne sera utile à personne ; surtout qu’il est donné de voir avec quelle frénésie les élections présidentielles d’octobre 2025 sont déjà ciblées comme urgence dans l’agenda gouvermental !

Nous devinons quel étau serre au quotidien les quelques journaux non RHDP qui arrivent encore à paraître, souvent par intermittence. Nous les félicitons et encourageons vivement à poursuivre et tenir, résister et encore tenir, car c’est maintenant que la grande compétition politique va prendre son départ. Nous savons que leurs positions sont encore gravement mises en péril avec le phénomène de l’emprise grandissante des réseaux sociaux ; où le rôle d’alerte à lancer à l’opinion leur est progressivement retiré.

Il est désormais monopolisé par des personnes ou personnalités aux profils épars et divers, chez lesquels la grande excellence est surtout concentrée dans le toupet, la gouaille et l’ostentation de l’égo. Ce qui prime sur la vérité de l’information et la capacité à l’analyser et detricoter.
Ils se révèlent d’ailleurs tous inévitablement au service d’un parti ou d’un baron politique qui en font d’ailleurs peu mystère.

Oui, chers patrons et journalistes des médias non RHDP, la Côte d’Ivoire vous regarde et attend de vous de parvenir à faire entendre une voix autre que celle du Président Alassane Ouattara qui, avec cette dernière loi pénale étendant le concept d’apologie, vient de boucler sa boucle pour eteindre ou atténuer toute voix critique pour octobre 2025 !

Alassane Ouattara qui se révèle, vis à vis des partis et forces de l’opposition, être un redoutable combattant d’un art martial présenté comme MMA. Le MMA rassemble boxe, judo, karaté, etc…
De ce sport violent ne sortent victorieux que ceux qui auront, avec le plus de patience et de détermination, asséné le plus de coups aux bras et aux jambes de l’adversaire, pour au final en faire une masse inerte facile à renverser et mettre hors de combat.

Imaginez le évoluant sur un ring, où les dissidences et conflits interminables qui minent les partis de l’opposition sont les coups qu’il porte au haut, sur les épaules et les bras.
La menace pénale permanente liée à tout commentaire d’un acte jugé contre la loi, la généralisation du concept d’apologie à tout, avec le bâillon que les appuis budgétaires imposent aux médias, sont les << katas >> des jambes.

Oui, le Président Alassane Ouattara a pris le temps de s’initier et perfectionner dans cet art martial ; et, désormais sûr d’en avoir la maîtrise, il invite tout le monde, avec impatience, à octobre 2025, en nous offrant une belle démonstration de son art du << dribble >> par ce discours à la nation du 18 juin 2024, monologue où rien de nouveau n’aura été présenté puisque les atalakus ont été décernés aux mêmes irremplaçables !
Vive la Côte d’Ivoire qui a 14 mois pour affermir son art de combat guerrier de résistance !

Abidjan, le 18 juin 2024

Ministre Kobena I ANAKY
Président du MFA

 

Retrouvez La Chronique du Président Kobena I ANAKY tous les mercredis sur www.ladepechedabidjan.info

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