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    « Négrologie » : Le mal qui maintient l’Afrique au bas de l’échelle

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Juil 30, 2025

    Tant que les Noirs continueront à s’accrocher au tribalisme, ils resteront les derniers sur cette terre. Il est temps de regarder la réalité en face.

    Plutôt que de bâtir une conscience commune, les Africains s’attachent encore à des appartenances ethniques, aux origines régionales, aux rivalités religieuses. Chaque communauté se replie sur elle-même, croyant se protéger, alors qu’en réalité, elle participe à l’effondrement de l’ensemble.
    Là où des idées devraient être défendues, ce sont des chefs qui le sont. Au lieu de penser l’avenir, c’est le passé qu’on rumine. Et pendant ce temps, les autres avancent.

    Ce repli est d’autant plus absurde qu’il va à l’encontre des faits établis.
    En dépit des nombreuses recherches menées par des penseurs africains, notamment Cheikh Anta Diop, qui ont mis en lumière l’unité culturelle du peuple africain, cette réalité reste ignorée, voire niée.
    Pourtant, elle est bien là. Elle s’exprime à travers les langues, les pratiques, les croyances.

    L’union fait la force : ce que l’Histoire enseigne

    L’Histoire montre que ceux qui ont compris la puissance de l’unité ont su s’élever. Des territoires initialement divisés par des intérêts divergents ont réussi à se rassembler autour d’un projet collectif et à bâtir des puissances solides.

    Les États-Unis d’Amérique sont nés de treize colonies aux priorités différentes, qui ont pris la décision courageuse de proclamer elles-mêmes leur indépendance face à la puissance coloniale britannique. Ce geste audacieux, suivi d’une lutte acharnée, a donné naissance à une nation unie autour d’une Constitution commune. Aujourd’hui, cette union fait des États-Unis une superpuissance. La Chine a mis fin à des siècles de divisions internes pour bâtir un État centralisé, stable, fort. L’Union européenne, malgré ses contradictions, a démontré que des nations aux histoires conflictuelles peuvent coopérer pour défendre des intérêts mutuels.

    Parallèlement, l’Afrique reste fragmentée, affaiblie par des querelles internes, des frontières artificielles et un tribalisme entretenu.

    Les pères du panafricanisme l’avaient compris. Ils ont rêvé d’une Afrique unie, souveraine, consciente de son identité et solidaire. Mais ce rêve est, jusqu’à ce jour, resté un slogan.
    Le panafricanisme a été vidé de sa substance, réduit à de belles paroles dans les discours officiels, tandis que, sur le terrain, les réalités tribales, les intérêts personnels et la dépendance extérieure prennent le dessus.

    Ce ne sont ni les penseurs ni les modèles qui font défaut. Les idées existent, les visions ont été formulées, les voies à suivre sont clairement indiquées. Ce qui manque, c’est la volonté. Ce qui fait défaut, c’est le courage de dépasser les intérêts immédiats, les réflexes identitaires et les ambitions personnelles.

    Une unité ignorée

    L’éducation historique brille aussi par son absence. Une large partie des Noirs demeure inconsciente du fait qu’ils forment un même peuple, héritier d’une civilisation plurimillénaire, riche.

    Or, la culture est un facteur d’unité. Elle transcende les frontières, les ethnies, les différences apparentes.
    Elle constitue le socle sur lequel bâtir une conscience collective, une identité forte et partagée.
    Mais cette culture commune est rejetée ou ignorée, au profit de références importées, souvent destructrices.

    Malgré les discours panafricanistes, malgré les chartes, les traités, les appels lancés par l’Union africaine, le tribalisme en Afrique a la peau dure. Il survit parce qu’il est alimenté par l’ignorance, les intérêts égoïstes et la manipulation.

    L’origine commune de l’égyptien ancien, du copte et des langues négro-africaines modernes a été démontrée par le professeur Théophile Obenga dans cet ouvrage.

    Les Africains restent divisés par des religions esclavagistes qui leur ont été imposées. Ils sont également divisés par les langues, car trop ignorent encore que les parlers africains ont une origine commune.

    L’unité linguistique de l’Afrique noire a pourtant été démontrée, comme l’attestent les travaux du professeur Obenga, de Cheikh Anta Diop et de nombreux autres chercheurs, qui ont mis en évidence l’existence d’une parenté entre les langues africaines. Cependant,  ces découvertes restent marginales, éclipsées, combattues par les tenants du statu quo.

    Sortir de la « négrologie »

    Il est urgent de sortir de cette « négrologie », de cesser de penser à l’échelle des clans, de ne plus perpétuer les conflits fratricides, de renoncer à rejeter sur l’extérieur la responsabilité de tous les maux. 
Le véritable obstacle réside dans l’incapacité à construire une vision commune. 
Une conscience collective mérite d’être instaurée, fondée sur la réhabilitation de la culture africaine, pilier d’une identité forte.
    Le panafricanisme, en tant qu’instrument d’unité et de solidarité, doit être pleinement promu et adopté pour lutter efficacement contre le tribalisme. 
Il s’agit de se projeter ensemble, avec détermination, vers un avenir commun.

    Axel Illary

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