Dans une déclaration publiée dimanche à Abidjan, le Front Commun PPA-CI / PDCI-RDA a fermement condamné les événements survenus lors du scrutin présidentiel du 25 octobre en Côte d’Ivoire, qualifiant l’élection de « braquage électoral » et de « coup d’État civil ». Les deux partis dénoncent l’usage de la violence, de la peur et de la répression comme instruments de maintien au pouvoir, et appellent à l’organisation d’une nouvelle consultation électorale libre, transparente et conforme à la Constitution.
À en croire le communiqué, les violences ont touché plusieurs localités du Haut-Sassandra. À Grand-Nahio, une milice proche du régime a fait trois morts et 29 blessés. À Niamayo, quatre personnes ont été tuées, 67 blessées et plusieurs maisons incendiées.
Dans le village de Didakouadioblé, à Toumodi, les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles contre la population, causant la mort d’un adolescent de 13 ans, N’Guessan Kouadio Richard, qui n’était impliqué dans aucune manifestation.
Le Front Commun critique également les propos d’Alassane Dramane Ouattara, qui a assimilé ses opposants à des « chiens », estimant que ce langage légitime la stigmatisation et la violence politique. Face à cette situation, le Front Commun dénie toute légitimité à Alassane Ouattara issue du scrutin, exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel avec l’organisation de nouvelles élections crédibles et inclusives, demande la libération de tous les manifestants arrêtés et l’abandon des poursuites contre les résistants au « coup d’État civil », et appelle à l’ouverture d’enquêtes sur les exactions commises contre les populations civiles. Les partis appellent enfin à des marches quotidiennes jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Selon le Front Commun, le faible taux de participation dans tout le pays démontre que les Ivoiriens ont massivement boycotté le scrutin, refusant de cautionner ce qu’ils considèrent comme une violation grave de la Constitution. Ce message marque une nouvelle escalade dans le climat politique ivoirien, déjà fragilisé par les tensions autour de la candidature controversée du président sortant.
D’après les premiers résultats de la présidentielle du 25 octobre, Alassane Ouattara est donné largement vainqueur. Ses principaux concurrents, Laurent Gbagbo du PPA-CI et Tidjane Thiam du PDCI, deux figures majeures de la scène politique ivoirienne, n’ont pas pu participer au scrutin, écartés de la compétition pour des raisons jugées arbitraires par leurs partisans.
Axel Illary
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