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    Ce que l’avenue des Champs Élysées doit à l’Égypte antique

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Jan 20, 2026

    L’avenue des Champs Élysées, à Paris, est souvent présentée comme la plus belle avenue du monde. Derrière cette formule touristique se cache une histoire chargée de références culturelles, peu mises en lumière. En réalité, le nom de l’avenue renvoie à un héritage mythologique.

    Les Champs Élysées apparaissent au XVIIᵉ siècle, dans le prolongement du jardin des Tuileries. Le jardinier André Le Nôtre, au service de Louis XIV, conçoit alors une large allée plantée pour organiser l’ouest parisien. Le lieu n’a pas encore la fonction commerciale et mondaine qu’on lui connaît aujourd’hui.

    En 1709, l’allée prend officiellement le nom de Champs Élysées, un choix qui puise directement dans la mythologie grecque.

    Dans cette tradition, les Enfers désignent le royaume des morts. Ils englobent le Tartare, zone de souffrance, et les Champs Élyséens, un lieu paisible et lumineux, exempt de souffrance, réservé aux héros et aux âmes justes.

    Cette représentation s’inspire d’une tradition plus ancienne issue de l’Égypte pharaonique. Les champs d’Ialou occupent une place centrale dans la conception égyptienne de l’au-delà. Ils sont présentés comme des terres fertiles où l’âme, après avoir été jugée, poursuit une existence idéale. L’accès à ces champs dépend de la pureté morale du défunt. Le cœur est pesé contre la plume de Maât : s’il est léger, l’âme y est admise.

    La notion de paradis dans la mythologie égyptienne, avec les Champs d’Ialou, reprise dans la mythologie grecque sous l’appellation des Champs Élysées, a inspiré le royaume des cieux des religions abrahamiques.

    De nombreux chercheurs, dont le savant Cheikh Anta Diop, soulignent les circulations culturelles entre l’Égypte ancienne et le monde grec.

    À Paris, les Champs Élysées constituent une transposition inédite de ce mythe. Le paradis devient un espace réel, traversable, accessible à tous. L’avenue relie le jardin des Tuileries à l’Arc de Triomphe, dédié aux victoires et aux morts glorifiés de la nation. Elle devient un lieu de célébration, de rassemblement et de défilé. Les héros modernes y sont honorés par la foule.

    Du Nil à la capitale française, en passant par la Grèce, le même imaginaire se déplace et se recompose. Paris n’a pas inventé les Champs Élysées. Elle les a rendus visibles en donnant une forme urbaine à un mythe de l’Égypte antique, transmis par la Grèce.

    Axel Illary

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