Décembre 2025 a vu se confirmer, de par les chiffres ressortis des élections présidentielle puis législatives, que le RHDP exerce désormais une suprématie totale, voire hégémonique, sur la scène politique de la Côte d’Ivoire..
C’est ce que la Commission Électorale Indépendante (CEI) et le Conseil Constitutionnel ont livré à la Côte d’Ivoire et au monde, après avoir lancé et encadré ces élections.
Mais, dans ces mêmes heures, le PPA CI, l’un des grands partis politiques du pays, affiche avoir au moins 1600 de ses militants et sympathisants en détention, dont deux anciens ministres.
Le PDCI, qui devient de facto le principal parti d’opposition de par le nombre de ses élus a l’Assemblée Nationale, se plaint également d’avoir des dizaines de détenus, souvent de très longue date, qui relèvent de son autorité.
Et c’est le PDCI qui offre le tableau le plus parlant de ce qui nous vaut désormais grande inquiétude pour le peuple Ivorien.
Son président, Tidjane Thiam, outre de n’avoir pas été retenu comme candidat à la récente élection présidentielle, vit un exil forcé depuis qu’il a été informé qu’à son arrivée sur le sol ivoirien, l’appareil judiciaire le convoquera pour répondre de propos tenus en meeting, sur des plateaux ou antennes médias, ou sur sa messagerie, lesquelles prises de position iraient à l’encontre de décisions ayant force de loi en Côte d’Ivoire.
Cette réserve de prudence du President Thiam a été justifiée par ce que vient de vivre le porte-parole du parti, l’honorable Soumaila Brindoumy.
La Côte d’Ivoire a vécu presque un mois au vibralto de ses démêlés avec le même appareil judiciaire qui, pour les mêmes charges, a fait subir à cet élu du peuple près d’un mois d’incarcération.
Il est, certes, désormais en liberté, mais elle est conditionnelle et assujettie à un contrôle de son expression publique.
Le décor étant ainsi planté, quelles voix peuvent désormais s’élever vers le public de Cote d’Ivoire, en dehors de celles qui déploieront des décibels d’atalaku pour ce pays de rêve et de cocagne, terre bénite, qu’a su concevoir et bâtir, en 15 années et 3 mandats, à partir de zéro et sur les ruines d’une guerre civile, ce dirigeant prodigieux qui ne peut être qu’un don du ciel a ce pays, la Cote d’Ivoire, qu’il aime tant ?
Oui, brusquement, un énorme silence s’est abattu sur la Cote d’Ivoire, et c’est un astre solaire noir dans son incondescence qui est au firmament de la Côte d’Ivoire !
Les premiers à le réaliser dans leur chair et âme sont les vétérans ou doyens en âge qui ont en mémoire les années 1963 et 1964 en ce pays. Ils ont souvent pris sur eux de se taire ou de n’en parler que très peu, souvent par bribes.
La Cote d’Ivoire officielle avait révélé que des éléments s’étaient mis ensemble pour attenter à la souveraineté de l’état et prendre le pouvoir par coup d’état.
Les familles et proches de ceux qui furent suspects et mis aux arrêts, que ce soit fondé ou non, furent traumatisés par la manière dont, à grande vitesse, la vie ordinaire se mua en cauchemar éveillé pour eux. Ils devinrent des parias, fuis de tous, vomis, et même hais par les amis et collègues d’hier.
Mais ce fut surtout le début d’années de grand silence, où tout propos pouvait être inversé et se retourner contre vous, tant l’on menait une traque furieuse des ennemis invisibles ou de l’intérieur !
Cet épisode de l’histoire de la République de Cote d’Ivoire naissante est inconnu de la grande majorité de notre population aujourd’hui, car peu enseigné, et même pudiquement mis sous le boisseau.
Mais n’est il pas dit que c’est dans la tragédie que l’histoire commence par se répéter ?
Qui aurait pu imaginer, et encore moins évoquer, il n’y a même pas 5 années, qu’un jour, dans la Côte d’Ivoire du XXIe siècle, l’on pourrait voir:
Le FPI historique (PPA- CI) et ses leaders, se voir contraints à une semi réserve dans leur expression publique et politique !
Le PDCI RDA, parti créé par Houphouet Boigny lui-même, logé à la même enseigne !
L’Afrique et le monde reconnaitront ils la Côte d’Ivoire en cet espace sombre et glauque, bien en deçà des aires lumineuses des États modernes portés par l’idéal démocratique, et où l’ensemble des partis politiques et forces qui ne partagent pas la ligne politique officielle sont pratiquement paralysés, ne trouvant pas d’autre voie d’existence que dans la mobilisation pour l’aide et l’assistance aux innombrables détenus politiques issus de leurs rangs ?
Mais les ténèbres deviennent nos amies très chères, et les millions de nos compatriotes, scotchés à leurs smartphones et aux réseaux sociaux, qui n’auront pas réalisé sur quel radeau ils avaient embarqué il y a 15 ans, se réveilleront un jour brutalement, sujets d’un EMPIRE qui ne leur destine que l’assujettissement muet et total.
El la vraie Nation Ivoire aura disparu sous les sombres reflets de ce soleil noir.
Abidjan le 03 février 2026
KOBENA I ANAKY
Citoyen Ivoirien

