Hic ! Le 10 octobre 1911, Jack Daniel, 65 ans, est retrouvé – hic ! – mort dans son lit. Il a succombé à une nécrose des tissus qui lui rongeait le pied depuis cinq ans. Depuis le jour où il s’est brisé un orteil contre le coffre-fort de sa distillerie, frappé dans un mouvement de rage. Ne le croyez pas imbibé d’alcool en arrivant au bureau ce matin-là. Pas du tout. Hic ! Simplement, il devance son neveu Lem Motlow, chargé d’ouvrir le précieux meuble. A priori, Jack connaît la combinaison, mais il a toujours eu du mal à la retenir. Premier essai : échec. Deuxième essai : échec. De colère, il flanque un grand coup de pied dans le meuble, se fracassant un orteil. Le buteur du PSG, Ibrahimovic, se marre comme un bossu. Pas Jack, car sa blessure s’infecte et ne guérit jamais. Le whisky qu’il boit – avec modération – n’a pas l’air de descendre jusqu’à ses extrémités…
Revenons sur le parcours alambiqué de ce bienfaiteur de l’humanité alcoolisée. Jasper Newton "Jack" Daniel naît en 1846 dans la petite ville de Lynchburg, Tennessee. C’est le cadet d’une fratrie de dix enfants. Sa mère meurt peu après sa naissance. Vers l’âge de six ans, il est recueilli par un oncle, puis par Dan Call, un fermier distillateur, également pasteur presbytérien. Celui-ci apprend à Jack toutes les phases de fabrication du whisky, de la fermentation à la filtration. À 16 ans, c’est décidé, il sera "whiskeyman". Peu à peu, il rachète la distillerie de son protecteur, qui préfère prêcher plutôt que distiller.
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Sun, 19 Oct 2014 18:50:00 +0200
