Affaire Désiré Tagro / Mamadou Koulibaly : ‘’J’ai encouragé le procureur de la République à aller jusqu’au bout’’

Photo : DR
Attendu à 10 heures, Mamadou Koulibaly est arrivé au palais de justice du Plateau avec cinq minutes d’avance, au volant de sa voiture de marque Nissan Murano de couleur grise, pour répondre à « l’invitation » du procureur de la République. Des inséparables étaient avec lui, dont l’honorable Attéby Williams et Diabaté Bêh. Après un peu plus de deux heures d’échanges avec le procureur Tchimou Raymond, Mamadou Koulibaly redescend les marches de l’escalier qui mène au bureau du procureur de la République, A ses côtés, cette fois, Tchimou lui-même, qui le raccompagnait à son véhicule.

Convocation ou invitation du procureur
Vêtu d’un costume bleu nuit assorti d’une cravate à rayures 100% Setasilk, le sourire aux lèvres et la mine dégagée, Mamadou Koulibaly s’est adressé quelques minutes à la presse : « Je suis venu répondre à l’invitation du procureur de la République, que j’ai d’ailleurs remercié d’avoir accepté cette mission que le Président de la République lui a confiée. Dans la dynamique que le Président de la République a créée, il faut que nous puissions voir clair dans un certain nombre d’affaires. Ce matin, (vendredi 25 juin, ndlr) nous avons discuté assez nettement des questions qui font l’objet de la saisine du procureur. J’ai encouragé le procureur de la République à aller au bout de ce processus, pour que les Ivoiriens soient tranquilles».

Précisions sur la commission d’enquête parlementaire
Le cadre de cette audience avec le procureur Tchimou ainsi planté, le président de l’Assemblée nationale est revenu sur le communiqué convoquant les présidents des groupes parlementaires pour une réunion, le mardi 29 juin 2010, à propos de la mise en place ou non d’une commission d’enquête parlementaire. « Les gens font beaucoup de confusions. Ce n’est pas Koulibaly qui décide de l’enquête parlementaire, parce que j’ai vu n’importe quoi ce matin », a indiqué d’entrée le député de Koumassi, faisant allusion à des articles de presse parus hier. « Ce sont les groupes parlementaires qui ont écrit au président de l’Assemblée nationale, lui demandant de mettre en place une commission d’enquête parlementaire. J’ai donc reçu une résolution des groupes parlementaires Solidarité, PDCI-RDA et de l’UDPCI, me demandant de mettre en place une commission d’enquête parlementaire. Je suis un exécutant, j’ai donc convoqué la conférence des présidents pour mardi prochain et c’est la conférence des présidents qui va étudier les demandes des groupes parlementaires. Si la conférence décide que leurs demandes sont recevables, elle va confier les résolutions à une commission permanente, soit la commission des affaires sociales, parce qu’il s’agit de l’école ; soit la commission de la défense et de la sécurité, parce qu’il s’agit de la police. La commission permanente va étudier les résolutions, proposer à l’Assemblée nationale, en plénière, une résolution qui fusionne les trois résolutions (des groupes parlementaires Solidarité, PDCI et UDPCI, ndlr). La plénière va alors se réunir, débattre de cette résolution, l’adopter et la commission d’enquête parlementaire se met en place, la rejeter et la commission ne se mettra pas en place. C’est après la décision de l’Assemblée nationale que le président de l’Assemblée nationale écrira au Garde des Sceaux, pour dire que l’Assemblée, ce jour, a décidé de mettre en place une commission d’enquête parlementaire », a rappelé le Pr Mamadou Koulibaly.

Aller au-delà de l’enquête administrative
Selon lui, le chef de l’Etat est informé de la décision prise par les groupes parlementaires Solidarité, PDCI et UDPCI, relativement à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. «Le Président de la République est au courant de tout ce que nous faisons. Il n’a jamais dit qu’il ne ferait que l’enquête administrative. Il ne s’est jamais opposé », a précisé Mamadou Koulibaly

Encadré

Mamadou Koulibaly maintient la pression
«Le Président de la République n’a jamais dit qu’il ne ferait que l’enquête administrative ». Cette phrase du président de l’Assemblée nationale pour justifier la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, a fini de convaincre que Mamadou Koulibaly est « sûr de son affaire». Ces propos traduisent aussi la volonté du n°2 de l’Etat de Côte d’Ivoire, de faire triompher la vérité par tous les moyens et c’est en application du règlement intérieur de l’Assemblée nationale (publié dans L’Intelligent d’Abidjan N°2015 du 24-06-2010 / P.4) qu’il a convoqué la conférence des présidents, le mardi 29 juin 2010. La pression est donc sur le procureur de la République qui a été encouragé par le président de l’Assemblée nationale à aller jusqu’au bout de l’enquête. Le président Mamadou Koulibaly a été entendu par Tchimou lui-même, assisté de ses deux adjoints, chargés de coordonner sous sa direction l’enquête confiée à la Brigade de recherches

Avec le partenariat de L’Intelligent d’Abidjan / Par Olivier Dion

Sat, 26 Jun 2010 02:24:00 +0200

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