Affaire Tagro / Mise en place d’une commission d’enquête parlementaire : Adjoumani Kobenan, Agoh Marthe et Woi Messé font reporter la séance

La proposition de création d’une commission d’enquête sur les concours d’accès à la fonction publique ayant été rejetée en commission, le FPI a estimé par principe, au nom de la tradition républicaine et des pratiques parlementaires que le débat ne devait même plus avoir lieu. Cette position a été exprimée par le porte-parole du groupe parlementaire et a fait l’objet d’un préalable, valant refus de l’ordre du jour. Le FPI a donné trois exemples précis dans l’histoire de l’Assemblée nationale, pour montrer que chaque fois qu’un texte a été rejeté en commission, le débat ne s’est plus poursuivi en plénière sur la même question. Toutefois le préalable du FPI a été rejeté par le Président de séance. Ce rejet du préalable a constitué selon un député pro-Gbagbo, une gaffe. Selon cet honorable, (qui estime que le RHDP était si pressé qu’il a commis des impairs), au lieu de rejeter purement et simplement le préalable du FPI qui contestait l’ordre du jour, le vice-président Woï Messé aurait dû le soumettre à la discussion et ensuite au vote. Lorsqu’il a opéré le passage en force pour le déroulement et le maintien de la séance, aidé de l’honorable Adjoumani, le Président de séance a commis la deuxième gaffe. Il a accepté que ce soit M Adjoumani le Président de la commission qui lise le rapport. Une situation inédite au Parlement car les rapports des commissions sont toujours lus par le rapporteur général, ou le rapporteur général adjoint de la commission. Des députés n’ont donc pas compris l’entêtement du Président Adjoumani à lire lui-même le rapport. Une honorable député, pour mettre fin à cette situation, s’est alors approchée du pupitre pour arracher le micro à Kobenan Adjoumani. Celui-ci ne s’est pas laissé faire. Madame le député et Monsieur le député se sont donc bousculés. Des députés Fpi se sont levés pour aller au secours de leur collègue et tenter de l’arracher aux griffes de l’honorable Adjoumani qui tout le monde le sait, a de la présence physique. Eclats de voix, bousculades, brouhaha, tentatives de gardes de corps de mettre de l’ordre sans vexer ni offusquer les députés…; l’ambiance était au cafouillage ; l’ambiance était non propice à des débats sereins. La situation a conduit à une suspension de séance d’une heure, sur décision de l’honorable Woï Messé. A la reprise c’est au tour de Mme Agoh Marthe de jouer sa partition.. Alors que certains pontes du FPI l’en ont dissuadée, la 1ère vice-présidente de l’Assemblée nationale qui a suivi de sa place, en contenant sa colère, les agissements de l’honorable Woi Messé, s’approche tranquillement de lui, et réclame sa place. En sa qualité de première vice-présidente, elle estime qu’en l’absence du Président Mamadou Koulibaly, c’est à elle que revient le perchoir. Elle exige donc que l’honorable Woi Messe aille ailleurs et quitte le fauteuil présidentiel des députés. Interloqué, Woi Messé suspend une deuxième fois la séance qui est alors reportée. Après le rapport du parquet dans l’affaire Tagro, et sans préjuger de la suite qui sera donnée par les députés à la commission d’enquête parlementaire, des observateurs pourraient estimer que la démarche de Mme Agoh Marthe est un camouflet subi par Mamadou Koulibaly. Et ils peuvent aussi se demander si le Président de l’Assemblée est à l’abri d’une série de représailles au sein de son parti politique, en voyant la 1ère vice-présidente réclamer son fauteuil au mépris des instructions données par le président au secrétaire général de l’Assemblée nationale

Avec le partenariat de l’Intelligent d’Abidjan / Par Charles Kouassi

Wed, 21 Jul 2010 02:29:00 +0200

0

Laisser un commentaire

Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
Accepter
Refuser
Privacy Policy