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    Allogènes et autochtones sur le pied de guerre – Oumé : Prolongement de la crise post-électorale Une descente d’hommes armés fait plusieurs blessés

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Photo : Abdullatif Mülller
    A Oumé, centre-ouest de la Côte d’Ivoire, la crise post-électorale de 2010 semble jouer les prolongations. Et pour cause, les allogènes disent faire l’objet de harcèlement de la part de ceux qui les avaient généreusement accueilli. Aujourd’hui, les deux communautés se regardent en chien de faïence …

    La cohabitation entre allogènes et autochtones, dans le département d’Oumé, a pris du plomb dans l’aile, à l’avènement de la crise post-électorale. Le temps est passé, mais les séquelles sont toujours vivaces. Le samedi 23 mars 2013, les populations allogènes sont venues dénoncer, la perpétuation, sur elles « des humiliations et traitements dégradants » qu’elles disent subir de la part de leurs tuteurs d’Oumé. La colère se lisait sur leur visage.

    Ce sont des populations pro-Ouattara issues de la communauté des allogènes Baoulé d’Oumé, victimes de la crise post-électorale, qui ont organisé à Konanpkikro (Oumé) une conférence de presse le samedi 23 mars dernier. Cela au sortir d’un « conseil de guerre » auquel ont pris part les chefs traditionnels, les présidents des jeunes, des chefs de quartiers et de nombreuses populations des 19 villages satellites de Zangué (Sous-préfecture d’Oumé).

    Cette ènième rencontre, selon Konan Yao Luc, le porte-parole de ces populations, répondait au souci de ces populations de s’exprimer face à la presse. Afin de faire entendre aux autorités compétentes notamment le chef de l’Etat, « leur cri du cœur et crier leur ras-le-bol quant aux exactions et autres abus dont ils sont victimes de la part de leurs tuteurs autochtones pour ‘’avoir voté’’ selon lui, le président Ouattara aux dernières élections présidentielles.

    « Nous voulons vivre en paix chez nous à Oumé », a d’emblée martelé le porte-parole. Qui dit tenir ces propos pour dire non aux « attaques gratuites et inadmissibles » qu’ils endurent depuis le mois de novembre 2010 suite au conflit de cohabitation qui oppose les deux communautés. Conflit de cohabitation marqué par plusieurs empoignades. « Ce qui a déclenché les hostilités, est que nos tuteurs rentrent dans nos champs et nous empêchent de travailler. Ils y installent des gens que nous ne connaissons pas. Ils font ce qu’ils veulent et nous empêchent de travailler. Ils vendent nos jachères.

    Et quand nous nous plaignons, ils envoient des hommes armés qui se présentent comme des éléments des Frci poussés par certaines autorités judiciaires et administratives de la ville d’Oumé, nous tabasser, nous emprisonner sans nous dire les raisons de ces arrestations » a-t-il dénoncé la voix noué de sanglots. « L’exemple de l’intervention des Frci en provenance d’Oumé le 11 mars dernier qui, de leurs coups de crosse et de botte, ont fait sept blessés graves dont un enfant de dix ans dans les rangs de la communauté allogène dans une véritable chasse à l’homme ciblée », a indiqué le porte-parole.

    Et d’ajouter : « Chaque jour que Dieu fait, il y a des arrestations. Sans raisons. On ne nous écoute pas. Nous sommes à la merci de n’importe qui à Oumé » s’est-il emporté. Selon lui, « ils ne trouvent pas auprès du préfet et du procureur, une oreille auditive et l’attention dont ils sont en droit d’attendre », malgré leurs plaintes.

    Yao Luc a dit, par ailleurs, que les populations allogènes ont renoncé à la riposte qu’elles ont préparée contre leurs tuteurs autochtones suite à la médiation de Nanan Kouaco Victor, le chef central de la communauté N’zipri de Yamoussoukro qui a calmé les ardeurs des populations. ‘’C’est pourquoi, nous appelons à l’aide, les autorités compétentes notamment le président Ouattara afin que justice soit rendue. Puisque les autorités d’Oumé ne peuvent rien faire pour nous’’ a-t-il laissé entendre.

    Pauquoud Charles Noël (correspondant régional)
    In Soir Info

    Thu, 28 Mar 2013 05:10:00 +0100

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