
‘’C’est un problème de compréhension comme toujours. Dire qu’un droit a été violé ne veut pas dire que nous dénions la situation de fait’’, commente l’ancienne député de Bingerville. Et d’étayer sa pensée : ‘’si nous regardons la constitution ivoirienne, le président Ouattara n’a pas été élu correctement. Mais dès l’instant où notre Conseil constitutionnel l’a quand même investi, et reçu son serment, nous, on le reconnait comme le président de la République de Côte d’Ivoire’’. On aurait dit que le débat est clos. Mais la secrétaire générale du CNRD, se veut incisive. ‘’Reconnaître Alassane Ouattara ne nous empêche pas de dénoncer et de dire que la constitution a été violée. En tant que démocrates, pour nous, c’est le droit et toujours le droit’’, fait-elle savoir. Elle ne manque pas de relever les griefs contre Alassane Ouattara sur la violation de la Constitution : ‘’le même président du Conseil constitutionnel qui l’a investi a été renvoyé en violation de la constitution. Notre devoir à nous, c’est de dénoncer. Et dénoncer ne veut pas dire qu’on ne reconnaît pas ce qui est. Mais nous disons qu’il ne fait que violer la constitution comme par exemple son attitude à ignorer le parlement qui était en place’’. Au cours d’une récente conférence de presse le porte-parole du RDR, Joël N’guessan laissait entendre qu’une réconciliation en Côte d’Ivoire est possible sans le FPI. Impossible ! lui rétorque Agoh Marthe. Qui poursuit : ‘’Réconcilier, c’est mettre ensemble ce qui est rompu. Que signifie se réconcilier sans le FPI ? On ne se réconcilie pas seul. Nous pensons que s’il s’agit dans ce processus de réconcilier le peuple de Côte d’Ivoire, eh bien qu’il sache que les militants du FPI font partie de la Côte d’Ivoire. On parle de réconciliation après des palabres. Il y a eu une crise postélectorale en Côte d’Ivoire qui a opposé le camp de Laurent Gbagbo à celui d’Alassane Ouattara. C’est pour ces deux là que les ivoiriens ne s’entendent plus ! Alors envisager une réconciliation sans le FPI, nous amène à demander avec qui le RDR se réconcilie. C’est à nous qu’on a arraché le pouvoir. C’est nous qu’on continue de frapper. D’ailleurs selon eux, Gbagbo a eu 46 % des voix, c’est-à-dire près de la moitié de l’électorat. Donc si le RDR pense qu’il peut mener sa réconciliation en ignorant cette frange importante de la population alors qu’il le fasse’’.
S. Débailly in L’intelligent d’Abidjan
NB : Titre de la Rédaction
Thu, 24 May 2012 02:33:00 +0200
