février 8, 2023

Can 2012 : Pas de récupération politique… Les Eléphants, c’est le résultat de l’excellent travail de Jacques Bernard Anouma

L’audience du football ivoirien en Afrique et dans le monde et surtout la participation à la Can 2012 au Gabon et en Guinée Equatoriale, sont le résultat de l’excellent travail de Jacques Bernard Anouma qui a dirigé la Fif pendant 10 ans. La récupération de cet immense « don de soi » de Jacques Bernard Anouma par le pouvoir politique, est une démarche difficilement acceptable. Le sport aux sportifs ; qu’on ne se trompe pas. C’est bien la Fif et Jacques Bernard Anouma qui pendant 10 ans ont aisément donné une audience afri- caine et internationale au football ivoirien et pendant 10 ans avec une signification particulièrement incontestable : deux participations en coupe du monde : 2006 en Alle- magne et 2010 en Afrique du Sud ; Jacques Bernard Anou- ma, c’est tout de même un grand sportif avec la discipline dans la gestion. Tous les grands noms du football ivoirien, évoluant dans les championnats français, anglais, italien, allemand, russe, ont été découverts par Jacques Bernard Anouma. Et, c’est bien le travail achevé de cet immense chantier de l’influence du football ivoirien par Jacques Ber- nard Anouma, qui s’est poursuivi au Gabon et en Guinée- Equatoriale. C’est la fin de l’excellent travail de la Fif, de- puis 10 ans. Le pouvoir politique n’a pas le choix. Il doit laisser la Fif porter et fêter le succès de l’influence du foot- ball ivoirien en Afrique et dans le monde. Mais, ce n’est pas la première fois en Côte d’Ivoire que le football a des problèmes de voisinage avec la politique. Et, en cas de suc- cès, le pouvoir politique est toujours candidat à l’ingérence et aux tentatives de récupération. En 1992, les Eléphants sont champions d’Afrique. Félix Houphouët-Boigny, qui considérait le football comme un ‘’simple loisir’’, va brandir le succès, et le trophée des Eléphants comme une victoire politique. C’est bien dans le même ‘’piège’’ politico-sportif, que les Eléphants ont été accueillis, à leur arrivée de Libre- ville. Et le président Ouattara est lui-même pris au piège. Dans une émotion profonde politique, il jette la confusion dans l’esprit des historiens ivoiriens pour avoir dit que la devise de la Côte d’Ivoire est « découragement n’est pas ivoirien ». Ce qui est sûr, le président Ouattara s’est trom- pé. La devise de la Côte d’Ivoire c’est bel et bien « Union- Discipline-Travail ». « Découragement n’est pas ivoirien » est un concept de sagesse, qui était propre à Félix Hou- phouët-Boigny qui voulait dire tout simplement que la ‘’Cô- te d’Ivoire n’a pas d’autre choix face à n’importe quel évè- nement que de croire en Dieu dans la vérité, en ménageant l’humilité et la dignité dans la patience. C’était loin d’un cri de guerre et très loin d’une devise. Je signale tout haut que le football reste une discipline sportive qui, en termes de pratique et de gestion, appartient à la Fifa, la Caf et la Fif. C’est bien pour cela que si les organisations de gestion du football sont confrontées à de sérieux problèmes intérieurs et d’ingérence politique, la Fifa, organe suprême de gestion du football tranche. Le Nigeria a fait les frais de l’ingérence politique, du gouvernement Goodluck Jonathan dans la gestion de la Fédération nigériane de Football. La Fifa, dans sa dépendance, a menacé les dirigeants politiques du Nigeria, illustrant ainsi avec éclat une seule vérité : pas d’ingérence politique dans les affaires sportives. Mais, mal- heureusement, les faits sont encore têtus en Côte d’Ivoire. Le pouvoir politique ne sait pas que la Fifa est un ‘’Etat’’ qu’aucune censure ou séduction politique ne peut ébranler. Tenez-vous bien. Nelson Mandela à l’époque président de l’Afrique du Sud avait octroyé une importante surface fi- nancière, à l’équipe Sud-africaine de Rugby, championne du monde. Instantanément informée, la justice Sud-africaine condamnait par sursis, le président Nelson Mandela, d’in- gérence politique dans la gestion des disciplines civiles et sportives. Dans le cas précis de la Côte d’Ivoire, le succès et l’influence du football ivoirien, depuis 10 ans, ne peuvent emprunter qu’une seule voie : « le don de soi » et le travail bien fait de Jacques Bernard Anouma. Loin des supplétifs de la récupération politique.

Par Ben Ismaël in L’Intelligent d’Abidjan

Mon, 27 Feb 2012 03:35:00 +0100

0

Laisser un commentaire

Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
Accepter
Refuser
Privacy Policy