décembre 7, 2022

« Certaines communautés se cachent la nuit dans la forêt de peur » (ONU)

Les besoins des personnes déplacées internes en Côte d’Ivoire suite à la crise post- électorale ouverte en novembre 2010 restent « pressants », selon le Rapporteur spécial de l’Onu sur les droits de l’homme des personnes déplacées internes, Chaloka Beyani, qui appelle le gouvernement ivoirien à les aider à « reconstruire leurs vies ».
« Alors que les personnes déplacées internes ne sont plus visibles dans les camps, leurs besoins ainsi que ceux de leurs communautés d’accueil ou de retour restent pressants », a déclaré mardi à Abidjan Chaloka Beyani, faisant le point à la presse de sa visite en Côte d’Ivoire du 23 au 31 juillet.
Quelque 80 000 personnes sont encore hors de leur lieu d’origine sur l’ensemble du territoire ivoirien, estime l’Onu.
Le 20 juillet, le camp de Nahibly à Duékoué, dans l’ouest du pays, a été attaqué et incendié.
Au moins six pensionnaires du camp ont été tués et les autres ont été soit transférés vers leurs lieux d’origine soit, pour un grand nombre, recueillis par des familles locales.
Selon Chaloka Beyani, « il reste beaucoup à faire pour favoriser et surveiller le retour chez eux de ces déplacés ».

« Nombreux sont ceux pour lesquels des solutions durables, des chances de développer des activités génératrices de revenus et la confiance en la sécurité manquent », souligne le Rapporteur spécial de l’Onu.
« Dans beaucoup de cas, les personnes déplacées ont reçu une petite assistance pour survivre quelques mois mais cette aide à elle seule n’était pas suffisante pour constituer une solution durable », relève M. Beyani.
Il juge « indispensable » pour le gouvernement de les aider « à reconstruire leurs vies, à trouver des solutions durables dans les lieux de retour, d’intégration locale ou de réinstallation ».
A l’ouest du pays, l’expert onusien souligne que les personnes déplacées restent « préoccupées » par la situation sécuritaire.
« Certaines communautés, dont quelques-unes qui sont retournées chez elles, se cachent la nuit dans la forêt de peur des attaques », affirme-t-il appelant le gouvernement à poursuivre la réforme du secteur sécuritaire, à renforcer la justice et l’Etat de droit et à mettre « intégralement » en place le processus de désarmement et de démobilisation des ex combattants.
« Cela est crucial pour garantir la durabilité des retours, pour restaurer la confiance de la société envers les structures sécuritaires et l’Etat de droit pour prévenir les violations des droits humains », a-t-il conclu.
Au cours de sa visite, l’expert onusien a rencontré le Premier ministre ivoirien, Jeannot Kouadio-Ahoussou, et des membres de son gouvernement, des autorités locales, la société civile et des chefs traditionnels et religieux.

Xinhua

Wed, 01 Aug 2012 23:34:00 +0200

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