décembre 1, 2022

Colloque international du Cinquantenaire / Philippe Dacoury-Tabley à propos des velléités de création d’une monnaie : ‘’Le choix d’un régime de change ne constitue pas en soi une panacée’’

Photo : DR
C’est autour de quatre (04) pistes de réflexion que Philippe Dacoury-Tabley a axé son exposé. A savoir l’architecture institutionnelle de l’UEMOA, l’Evolution de la politique monétaire dans l’UEMOA, l’Impact de la politique monétaire sur les performances macroéconomiques des Etats et les Perspectives pour une plus grande efficacité de l’action monétaire dans l’UEMOA. Dans son exposé, le Gouverneur de la BCEAO a rappelé qu’au lendemain des indépendances, les pays de l’ex-Afrique Occidentale Française (AOF), ont pris deux (02) décisions pour l’exercice de leur souveraineté monétaire. Notamment le choix de la mise en place d’une union monétaire et l’exercise en commun de cette souveraineté à travers un organe supranational, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). A côté de ces deux décisions, il y a aussi le rattachement de leur monnaie, le Franc CFA, à celle de la France, par une parité fixe basée sur la garantie par le Trésor français de la convertibilité illimitée du Franc CFA dans la devise de la France ; la centralisation des réserves de change des Etats membres de l’Union dans un « pool » commun et la libre tranférabilité des capitaux à l’intérieur de l’Union. Ces choix, a expliqué le Gouverneur, traduisaient la volonté des Etats membres de mettre en place une monnaie stable et crédible, à même de contribuer à bâtir le cadre indispensable pour le développement économique et social, par un afflux d’investissements directs en provenance de la zone Franc. Même s’il reconnaît que ces choix opérés par les Pères Fondateurs, suscitent à l’heure du cinquantenaire, des polémiques de toutes parts, Philippe Dacoury-Tabley préfère ne pas s’ériger ‘’en arbitre’’ de ce débat. Seulement, dit-il, la conviction qui l’habite est que chaque régime de change présente des avantages et des contraintes pour une économie. « Le choix d’un régime de change ne constitue pas en soi une panacée. Ce qui importe, c’est la recherche d’une adéquation et d’une cohérence de la politique économique d’ensemble mises en œuvre pour tirer, au maximum, profit des opportunités offertes et minimiser les contraintes », a-t-il déclaré, tout en faisant allusion à ceux qui prônent actuellement la création d’une monnaie autre que le Franc CFA

David Yala, envoyé spécial à Yamoussoukro

Encadré

Dacoury-Tabley Philippe: «Dépassionnons la question »
Au cours de son intervention, le gouverneur de la BCEAO, Dacoury-Tabley Philippe Henri s’est prêté aux questions de l’auditoire sur la souveraineté monétaire. Sur ce sujet, il n’est pas passé par quatre chemins, pour asséner certaines vérités que des Africains ignorent, à propos de la monnaie nationale. Pour le gouverneur, il ne s’agit pas d’avoir une monnaie. «Tout le monde peut le faire. Mais, si c’est pour faire et s’asseoir à côté, ça ne sert à rien», a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et ‘’rendre nos économies indépendantes’’. Poursuivant, il a expliqué que le franc FCFA est en parfaite sécurité, contrairement à ce que l’on fait croire. « L’argent qui se trouve dans les banques en France et au trésor français n’est pas bloqué par la France, comme on veut le faire croire. Cet argent que nous plaçons, nous permet d’avoir des dividendes et sert de garantie pour nos importations. Lorsque la dernière crise économique est arrivée, nous n’avons rien perdu, contrairement à d’autre. Parce que nous avons retiré cet argent et l’avons placé en France», a-t-il précisé. Concernant les difficultés de transferts de fonds de l’Afrique vers l’Europe où l’Amérique et vice versa, Dacoury-Tabley Philippe Henri a rappelé que cela demande la mise en place d’un certain nombre de conditions d’assainissements, tant au plan juridique que constitutionnel. S’agissant de la monnaie commune en Afrique de l’Ouest, il a souligné qu’elle ne se décrète pas. Toutefois, a-t-il reconnu des démarches sont en train d’être menées. «Nous avons demandé la création de la Zone des sept autres pays, non membres de l’UEMOA. Et d’ici 2020, les choses seront en ordre», a-t-il conclu

Diallo Harry

Avec le partenariat de l’Intelligent d’Abidjan

Wed, 04 Aug 2010 02:32:00 +0200

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