février 4, 2023

Condamnation du Général DOGBO Blé: “Verdict fantaisiste et ridicule” selon la Diaspora.

Le verdict du Procès du général Dogbo Blé relatif à l’assassinat du colonel major Dosso Adama continue d’alimenter les discussions au sein de la diaspora africaine aux Etats Unis. Pour de nombreux immigrés vivant au pays de l’Oncle OBAMA, “la sentence résulte de la pire des fantaisies” pour absence de preuves concrètes.
“Comment cela pouvait-il en être autrement dans une Afrique où le système judiciaire cherche encore ses marques et a du mal à se défaire du politique?” s’interroge d’entrée, Stéphane Milla, un Camérounais que nous avons surpris en pleine discussion dans un des nombreux restaurants de Manhattan à New York en compagnie d’autres Africains. Pour lui “s’il est vrai qu’il est encore illusoire de penser qu’un juge africain peut se permettre le luxe de juger un accusé dans la plus stricte indépendance, le cas du Général Dogbo Blé en Côte d’Ivoire a atteint le comble du ridicule dans les records judiciaires du continent”.
Son compatriote Alain ELELE juriste de formation qui l’accompagnait ce jour là, ne dira pas autre chose: “On a plutôt eu droit dans cette affaire, à un verdict politique puisque le procès lui-même était tout aussi politique dans un pays où les dirigeants parlent pourtant de reconciliation mais qui, en réalité et paradoxalement, croule sous le poids d’une énorme dose d’injustice appelée “justice des vainqueurs”.
Pour l’ivoirien Ali Cissé qui se dit “militant pur et dur du Rdr mais lucide” et qui a voté Alassane Ouattara, “au delà même de ce verdict proportionnel au dégré de loyauté de Dogbo Blé à l’ex Président, ce qui attend la Côte d’Ivoire est beaucoup plus grave. Il faut que les frères du Nord le comprennent, toute chose a une fin. Sans qu’aucun Ivoirien ne le demande, toutes les autres ethnies du pays sont dressées aujourd’hui contre les quelques unes du Nord et cela amuse certains d’entre nous qui oublient que les nuits n’ont jamais été éternelles et que le soleil finit toujours par tomber”. A entendre Mr Cissé expliciter ses idées, on voit un homme réellement inquiet pour l’avenir de la Cote d’Ivoire et surtout déçu de ce que son regime lui sert: “L’entourage d’Alassane va le couler comme cela a toujours été le cas avec tous les Présidents Africains. Il est entourré de gens nostalgiques de la pensée unique, allergiques à la contradiction et qui pensent faire le bonheur des Nordistes en les opposant aux autres frères d’un même pays; très violents chaque jour dans les discours et dans les gestes…..”. Revenant sur le procès du Général Dogbo Blé, Ali Cissé estime que “cette décision est juste pour faire plaisir à Alassane et le juge qui l’a prononcée n’avait pas de choix”.
“De toute façon, la justice sous Gbagbo était aussi comme ça; celui qui vient au pouvoir vient avec ses juges” ( n’en riez pas !) assène Lamine Traoré dans un français approximatif comme pour défendre celui qui, d’après lui “est venu pour lutter contre l’impunité”.
Quand le Sénégalais Fall qui dit avoir suivi ce procès parce qu’on a dit beaucoup de choses sur ce Général intervient, ceux qui l’écoutent se rendent compte que l’homme ne parle pas au hazard; qu’il ne fait pas comme ces colporteurs de bruits du marché qui, sachant bien qu’ils ne savent pas, ne cherchent jamais à savoir mais , s’entêtent à faire savoir aux autres ce qu’ils savent qu’ils ne savent pas: “Moi j’ai remarqué que le regime ivoirien excèle dans la propagande en lançant dans l’air ses trouvailles comme RECONCILIATION et IMPUNITE. Si l’impunité chantée tous les jours concernaient les ivoiriens de tous bords, cela allait favoriser la reconciliation. Mais helas ! ce sont de vains mots repris en refrain chaque jour pour séduire la communauté internationale”. Comme pour prouver qu’il a très bien suivi le dossier Dogbo Blé, Mr Fall ajoute: “ Voici un Général qui, accusé par quelqu’un qui dit avoir reçu un ordre de lui. Mais un ordre indirect- via un autre officier. Cet autre officier dit n’avoir jamais reçu d’ordre de Dogbo Blé et n’a donc jamais repercuté quoi que ce soit à qui que ce soit. On se retrouve donc dans un cas où c’est la parole de l’accusateur contre celle de l’accusé. La seule chose pour départager les deux étant alors les preuves. L’accusé lui même demande qu’on consulte toutes ses conversations à partir de ses téléphones confisqués. Au lieu de saisir cette perche pour convaincre tous ceux qui suivent ce procès, on se débrouille pour trouver une peine fantaisiste à partir de rien. C’est triste et pitiant; le Président Ouattara ne devrait pas encourager de telles bassesses”

Correspondance depuis New York in Telediaspora
Mathieu BOUABRE (mattbouabre@yahoo.com)

Wed, 17 Oct 2012 00:11:00 +0200

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