Conseil des ministres hier / En l’absence de Désiré Tagro : Gbagbo et Bouabré affichent leur complicité

Photo : DR
Pourtant présent, il y a deux semaines lors du Conseil des Ministres annulé pour cause de voyage du chef de l’Etat au Cap-Vert, le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro n’a pas participé au Conseil des Ministres d’hier. Quarante huit heures auparavant il était également absent au Conseil de gouvernement.

Oublié le départ du Ministère stratégique de l’Economie et des Finances en Décembre 2005 à l’arrivée de Charles Konan Banny, finie la déception de l’échec de la conquête de la BCEAO, Bohoun Bouabré est un homme à nouveau comblé. Ceux qui en doutent n’avaient qu’à voir la complicité qu’il a affichée avec le chef de l’Etat hier. Habituellement le Ministre d’Etat s’assoit à droite du chef de l’Etat, tandis que le ministre de l’Intérieur est à la gauche de Laurent Gbagbo. Si le fauteuil du ministre de l’Intérieur Désiré Tagro est resté vide hier, par contre celui du Ministre d’Etat a bien été occupé. Le Premier ministre Guillaume Soro et les autres membres du gouvernement présents, qui savent qu’habituellement c’est la stricte courtoisie qui prévaut lors des échanges en Conseil des Ministres entre le Président de la République et le Ministre d’Etat, ont été surpris de voir hier Laurent Gbagbo et Bohoun Bouabré rire ensemble aux éclats et se tapoter comme de bons vieux potes qui se retrouvent.

« Quand le chat n’est pas là, la souris danse », se sont dit quelques membres du gouvernement informés du retour imminent du ministre de l’Intérieur. Mais en attendant, le frère ennemi d’Issia savoure encore la grande marque d’attention que lui a manifestée son patron. Qui a dû le faire d’autant plus spontanément que ce n’était pas en public, et que les faits n’étaient pas destinés à être révélés sur la place publique. Difficile donc de penser que Laurent Gbagbo veuille faire passer un message à des ministres FPI, PDCI, RDR, et Forces Nouvelles non concernés par les querelles de famille et scènes de ménages entre ses partisans. Concernant les raisons de l’absence du Ministre de l’Intérieur au Conseil des Ministres d’hier une source parle d’indisponibilité, ajoutant qu’il n’y avait pas le feu, ni matière à polémique à ce sujet

Charles Kouassi

Encadré (1)

Bouabré , l’homme qui revient de loin
Paul Antoine Bohoun Bouabré revient de loin. Sa situation actuelle devrait néanmoins être à même de faire réfléchir ceux qui pensent que Désiré Tagro est un homme fini. Avec Laurent Gbagbo on ne finit jamais. Le seul risque que l’on court est de connaître des périodes de disgrâce (plus ou moins longues et sérieuses) surtout lorsqu’on s’oublie un peu et qu’on croit qu’on est soi-même le chef ou qu’on maîtrise Laurent Gbagbo. Ceux qui pensent qu’ils sont incontournables, et que Laurent Gbagbo ne peut rien leur faire, ont-il souvenance de l’influence et du pouvoir qui ont été entre les mains du Ministre Bohoun Bouabré durant plusieurs années ? Savent-ils, par exemple, qu’il n’était pas évident pour les Dg de régies d’aller voir le chef de l’Etat et prendre des instructions directes et expresses auprès de lui, parce que Bohoun Bouabré s’offusquait de cette situation ? Savent-ils que Bohoun Bouabré ne rendait compte qu’à Laurent Gbagbo et n’avait cure de savoir ce que pensait de lui la Première Dame ou tout autre proche du chef de l’Etat? Rappelons cette confidence d’un habitué du Palais écrite déjà par l’IA en Décembre 2005, après le départ de Bouabré du ministère de l’Economie et des Finances. « Quand il était aux affaires, et qu’il venait voir le Président, Bohoun Bouabré montait souvent le trouver dans sa chambre et n’hésitait pas à le réveiller pour lui présenter les dossiers. En passant, personne n’avait droit à son salut. Il venait aux pas de courses, et repartait de la même manière. L’homme n’avait pas le temps pour les autres. Il gérait le nerf de la guerre en pleine crise, et on ne pouvait pas se permettre de le faire attendre comme les autres. On ne pouvait pas le mélanger aux autres. Mais le lendemain de son départ du ministère de l’Economie et des Finances, quand il s’est présenté à la résidence pour voir le Président, Bouabré a attendu comme tout le monde. Et cette fois, il a salué ceux qui étaient présents. Il a même serré les mains. Moralité : quand on est au faîte de la gloire, de la puissance et de l’influence, il faut respecter les gens. Autrement, Laurent Gbagbo allait passer son temps à engueuler et humilier tout le monde. On ne peut pas comprendre que l’homme le plus puissant de Côte d’Ivoire conserve un supplément d’âme, de l’humilité et de la disponibilité pour tous et chacun, et que ceux qui dépendent de lui, se prennent pour le centre du monde ». Assurément Bohoun Bouabré revient de loin. Bonne nouvelle pour le Ministre d’Etat. Mais mauvaise nouvelle pour les anti-Tagro qui ont tort de penser que le ministre de l’Intérieur est un homme fini

C.K

Encadré (2)

Des soutiens tardifs et encombrants pour Désiré Tagro
Où étaient les soutiens du ministre de l’Intérieur Désiré Tagro quand Affi N’Guessan a osé en dénonçant le One Man Show de Mamadou Koulibaly ? Ils étaient hésitants. Ils étaient dans l’expectative. Ils pensaient que Mamadou Koulibaly était actionné par le Président de la République. Donc ils n’avaient pas voulu prendre des risques. Ils n’ont pas suivi Affi N’Guessan pour dénoncer en même temps le One Man Show de Koulibaly. C’est en ce moment là qu’il fallait attaquer le président de l’Assemlée Nationale. Au lieu de cela, l’on a vu des papiers anonymes dans la presse. Néanmoins, on avait vu quelques manifestants audacieux dans la rue. Désiré Tagro n’a pas voulu lui-même réagir, parce qu’il s’est dit que c’est dans les épreuves qu’on voit ses vrais amis. S’il est un homme bon, ses amis et collaborateurs doivent le faire savoir. Mais presque tout le monde est resté dans l’attentisme. Mais depuis la victoire du ‘’Non’’ des deputés FPI en commission à l’Assemblée Nationale et depuis également les informations selon lesquelles la Première Dame n’est pas en phase Koulibaly, certains ont déduit que le Chef de l’Etat n’a pas mandaté Koulibaly. Pour cela, ils ont donc choisi enfin de le rappeler à l’ordre. La seule chose qui puisse faire du bien à Désiré Tagro consiste à argumenter pour démontrer que ce qui lui est reproché est faux, notamment au sujet de l’école de police et de l’Accord de Ouaga. Les débats sur la forme et les querelles de personnes ne sont utiles

C.K et D.V

Avec le partenariat de l’Intelligent d’Abidjan

Fri, 16 Jul 2010 01:45:00 +0200

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