décembre 4, 2022

Disparition des sportifs africains en Europe : Ils fuient l’absence d’espoir dans leur pays !

Quelle bonne nouvelle, celle-là ! Les jeux olympiques de Londres ont baissé leurs rideaux, le dimanche 12 juillet dernier, avec la magie de la clôture. Contrairement aux autres nations qui, en ce moment, célèbrent les médailles glanées par leurs athlètes, les pays africains comptabilisent le nombre d’athlètes de leurs rangs qui ont pris la poudre d’escampette, une fois arrivés sur les bords de la tamise. Au décompte final, 7 sportifs camerounais, deux athlètes ivoiriens Brou kouassi franck et Touré Assita, plus un caoch de lutte Yves Adjé Luc ont filé à l’anglaise. En pleins jeux ! Et au grand dam des fédérations concernées, des Etats et même des opinions africaines. Doit-on encore rester là à se demander, mais pourquoi toujours les Africains?
Nombreux sont ceux qui estiment à juste titre que cette belle manière de procéder des sportifs du continent noir est condamnable. Car elle résonne comme une trahison vis-à-vis des drapeaux nationaux et du continent tout entier. Cependant toute proportion gardée, ces fugitifs des temps nouveaux ont-ils vraiment d’autres choix quand on sait les conditions dans lesquelles vivent et travaillent nos athlètes en Afrique? Un continent où les dirigeants considèrent généralement le sport comme un loisir, «leur loisir», juste bon pour amuser la masse populaire, perdre un peu de rondeur, qu’un métier facteur de développement? Et où il relève du hasard pour la grande majorité des athlètes de s’offrir un repas par jour?
Les réalités des sportifs africains vivant sur le continent sont implacables. A l’image des populations africaines elles-mêmes. C’est la galère ! Aucune politique sportive lisible, aucun plan de carrière pour nos athlètes en exercice et qui une fois hors du circuit pour cause de blessure ou de retraite, sont livrés à la mendicité. Quels que soient les lauriers glanés au nom des drapeaux nationaux au cours de leur éphémère carrière. Les exemples courent les rues de tous les Etats africains sans exception. En Cote d’Ivoire, combien ne sont-ils pas ces vaillants sportifs ayant consacré leur vie au drapeau national, qui croupissent aujourd’hui dans la misère pour les plus chanceux ?
Zagoli Golié, l’ex-goalkeeper de l’équipe nationale en fait en ce moment l’amère expérience. Lui qui est certainement en train de méditer sur son sort sur un petit lopin de terre de son village quelque part aux confins d’Issia. Idem pour l’ex-champion d’Afrique poids lourds de boxe, N’Gou Augustin, aujourd’hui évanoui dans la nature ; et du tout récent champion d’Afrique de la même catégorie, l’Ivoirien Gbagbé, qui n’a jamais véritablement eu l’occasion de démontrer toute sa valeur sur les rings du monde entier. Tout ceci à cause de l’indifférence, l’incompétence, du manque d’imagination et véritable volonté politique de nos autorités sportives pour lesquelles il n’y a de sport, à la limite, que le football?
Que dire de l’ex-super champion d’Afrique des légers, le magnifique boxeur burkinabé Nabaloum alias Boom Boom, aujourd’hui «djosseur de namas» (laveur de voitures) en tenue déguenillée dans les rues de Ouagadougou à la recherche d’hypothétique véhicules ou engins à deux roues à garer moyennant quelques prébendes ? Pour peu que tous ces infortunés prennent la tangente au cours de leurs nombreuses compétitions à l’étranger afin de fuir l’enfer silencieux qu’ils vivaient sous le couvert des drapeaux nationaux, et il s’en trouve, pour les vouer aux gémonies. D’ailleurs, cette situation n’est pas l’apanage des seuls sportifs. Et témoigne du profond malaise ambiant qui frappe les populations africaines dans leurs Etats. Elle, cette situation de galère, touche tous les domaines d’activité et toutes les couches sociales qui ne manquent aucune occasion, voyages professionnels, voyages d’affaires, pèlerinages, visites etc. pour fuir la misère de nos pays en proie à une instabilité chronique, vers des cieux porteurs d’espoirs. Surtout que de plus en plus, nos pays deviennent des archipels noirs où règnent l’injustice et la loi du plus riche.

Carell Bohoui in L’Eléphant Déchainé

Fri, 17 Aug 2012 22:05:00 +0200

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