février 8, 2023

Journalisme : un métier pas comme les autres ( Une chronique d’Eloi Oulaï )

Le journalisme est un métier pratiqué par les journalistes. On parle le plus souvent de la pratique que du métier noble de par son essence jusqu’à ce qu’on l’appelle le quatrième pouvoir. Mérite-t-il vraiment cette acception après l’exécutif, le législatif et le judiciaire?
Au siècle dernier, les journalistes se comptaient sur les doigts d’une main. Ils étaient recherchés. Avec le développement technologique, beaucoup de journaux se sont créés et on a constaté également la naissance des médias électroniques.

Chaque pays a ses médias d’Etat qui ont pour mission de faire la propagande d’Etat.

Les régimes africains ont surtout développé ces instruments pour s’en servir à souhait pour leurs intérêts. C’est longtemps après les indépendances que les médias, pour ceux qui ont de la considération de leurs concitoyens, vont juger utile d’introduire dans le langage officiel, la notion de service public.
Avec le développement spectaculaire, on assiste à la création des écoles de journalisme (presse écrite et audio-visuel). Le multipartisme a souvent participé à l’éclosion du printemps de la presse, beaucoup de journaux paraissent et disparaissent.
Le paysage audiovisuel a été ouvert, les radios et les télévisions, dans certains pays, connaissent un épanouissement à la dimension de leur ouverture démocratique.
C’est le moment que choisissent les propriétaires des journaux et les patrons des médias d’Etat pour recruter très souvent des gens qui ont échoué pour en faire des journalistes.
Et pourtant, la Commission paritaire d’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel instituée par la loi n° 2004 – 643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse dit qu’il faut « justifier » d’un diplôme délivré par une école professionnelle de journalisme, à défaut d’une Licence de l’enseignement supérieur assortie d’une formation de deux ans ou d’une Maîtrise de l’enseignement supérieur ou d’un diplôme équivalent assorti d’une formation professionnelle d’un an dans une école de journalisme et avoir pour occupation principale régulière et rétribuée, la recherche, la présentation de l’information.
Malheureusement, on a assisté dans ce pays à des recrutements d’hommes et de femmes sachant à peine écrire leur nom, dévoyant ainsi le journalisme.
Ici et là on ne respecte plus la Convention collective. Ces pseudo – journalistes sont payés à la tête du client. Selon l’article 7 du Code de déontologie du journaliste ivoirien, un journaliste doit:
«Refuser tout avantage en nature quelles qu’en soient la valeur et la provenance pour services rendus ou attendus. Refuser d’exploiter sa qualité de journaliste à des fins personnelles». Et dire que le métier de journaliste est un métier pas comme les autres. Toutes les règles sont foulées au pied.
Pourtant, pour être médecin, il faut faire la Faculté de médecine. Pour être ingénieur agricole, il y a l’école d’agriculture, être dans l’ordre des architectes demande des études spéciales. Mais pour être journaliste, il faut savoir écrire son nom, cela suffit aux propriétaires de ces « boutiques » de prospérer. C’est pourquoi, le journaliste ivoirien est bafoué.
Lorsqu’il y a eu la guerre dans ce pays, dans toutes les discussions et résolutions, les journalistes ont été accusés de tous les maux. Ils n’ont pu se défendre parce qu’au lieu de parler d’une seule et même voix, ils se sont réfugiés derrière leurs partis politiques. Ils sont les porte-voix, les portes-plumes des hommes politiques.
Les séminaires, les forums et les états généraux se tiennent à chaque crise mais les journalistes ne changent pas ; ils ne changeront peut-être jamais tant ils sont à l’écoute de ceux qui les payent.

Eloi Oulaï Journaliste

Mon, 09 Jul 2012 04:24:00 +0200

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