décembre 7, 2022

KAYAMA…Le billet de Moussa Kamara : MONSIEUR

Ils nous matraquent tous les matins avec ces histoires de traque de biens. On commençait à prévoir des déboires et des malheurs, un beau ko au Procureur Ndao. Et soudain, à un train d’enfer, voila que la machine judiciaire réitère ses exigences et toute sa puissance en matière de transparence aux caciques et politiques libéraux ! Monsieur Karim Wade, l’arbre qui cache certainement la forêt, ne laisse personne de marbre vu son rang de fils de Président. Il n’était pas le seul ministre d’Etat du gouvernement de son père, ni en meilleure place dans l’ordre protocolaire, mais tout était fait pour lui plaire. Un ministère de haut niveau à l’immeuble Tamaro, un avion pour ses missions, des pans et des flancs de l’Administration à sa dévotion, n’en jetez plus. Pour être franc, il était trop puissant, le fils du Président ! Quand son papa exultait à la face du monde et se pâmait devant son génie d’expert financier, il vendait aux Sénégalais plus un dauphin qu’un crack de la finance. « Je dirais à ta mère que tu as bien travaillé ». Ces propos du Président à l’égard de son fils agaçaient les démocrates sénégalais qui y entrevoyaient un air de régence. Sous Wade, la famille et l’Etat étaient trop imbriqués et les rares personnes assez sensées pour dénoncer cette situation devenaient illico pestiférées. Karim Wade a été porté aux nues tout le temps que son père détenait le pouvoir. Il fut l’objet de supputations, d’admiration, de rumeurs, de rancœur mais aussi de ferveur. Sa Génération du Concret a eu ses moments de gloire et aussi ses heures de déboires. Qui semblent perdurer avec ses deux héros et frérots au cachot de Reubeus. Teuss ! Qui l’eut cru ? C’était dans l’ordre du possible, certes, mais difficilement prévisible ! Monsieur Karim Wade en prison à Dakar, c’est pratiquement Abdoulaye Wade en prison. Puisque la chair de sa propre chair est embastillée, son immunité souffre d’inutilité. La peine morale des parents causée par celle carcérale de leur enfant adoré ne peut être que réelle et sincère. La fibre parentale est si forte chez nous que tout géniteur devient tigre pour protéger sa descendance ! Malheureusement, le Wade mordant d’antan a perdu ses dents parce que vieillissant. C’est la loi de la nature qui fait que, plus on vit longtemps, plus on devient croulant. La chair de sa chair va devoir continuer toute seule ou avec ce parti du père qui reverdit, se bonifie, se tonifie à vue d’œil — exemple, ce qu’on a vu mardi —, un parti où les vrais militants si téméraires s’appelaient frères.

« Le Témoin » N° 1121 –Hebdomadaire Sénégalais ( AVRIL 2013)

Wed, 01 May 2013 10:58:00 +0200

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