février 9, 2023

Politique générale du régime Ouattara, 00/20

C’était donc ça, la politique générale du régime de monsieur Alassane Ouattara. Un programme qui ne repose, en fait, sur rien du tout.
Seulement, peut-on empêcher le gouvernement actuel de concevoir des projets «fantastiques» ou se permettre de prendre des résolutions «merveilleuses»? Non en effet, ce serait vouloir empêcher un homme de rêver, malgré tout.
Alors, nous avons assisté tranquillement à la déclaration, par monsieur Ahoussou Jeannot, de la politique générale du gouvernement qu’il dirige. Bien avant lui, les hérauts de la ouattarandie ont décrit cette démarche comme un «acte de transparence et de démocratie». Aux ivoiriens, ils ont dit «voilà ce que le gouvernement compte faire pour vous». Le but étant, toujours selon ces derniers, de faire de la Côte d’Ivoire «un pays émergent à l’horizon 2020».
Malgré tout, ce que l’on a qualifié de «grand oral» radiodiffusé et télévisé, nous aura laissé sur notre faim. Pour cause, après avoir suivi cette déclaration, nous ne pouvons-nous empêcher d’avoir le sentiment que la charrue est bien en train d’être mise avant les bœufs. Mais encore, nous nous interrogeons: de quelle Côte d’Ivoire parlent-ils? S’agit-il de cette Côte d’Ivoire en quête, depuis plus d’un an, de paix et de réconciliation? Car que vaut, pour un pays, une politique générale de gouvernement, si bien ficelée soit-elle, si elle ne peut en définitive reposer sur une cohésion sociale solide et réelle?
A moins, bien sûr que le régime en place n’ait l’intention d’appliquer ce que son mentor aime à appeler: «le chien aboie, la caravane passe». Du coup, c’est la grande majorité d’ivoiriens floués et atteints dans leur dignité que ce régime aura tout simplement à ignorer afin de poursuivre la mise en œuvre de son programme. Or, un château, construit sur du sable mouvant finira par s’écrouler et par disparaitre dans le sable, si splendide soit-il.
Par ailleurs, ces mêmes, qui aujourd’hui présentent fièrement leur programme de gouvernement, aurait-ils oublié, qu’en leur temps, ils n’ont laissé aucun répit à Laurent Gbagbo, donc aucune chance à la Refondation, cet autre programme du Fpi, qui n’a pourtant rien à envier au leur, d’être mise en œuvre?
Pas de progrès économique sans des actes réels et durables de paix et de réconciliation
Certains nous ont dit: «la paix et la réconciliation viendront toutes seules, lorsque l’activité économique aura reprit». Certes la misère des populations et le chômage, notamment des jeunes et la pauvreté font partie des facteurs de la crise. Mais on ne saurait la réduire à cette simple expression. Au cœur de la crise ivoirienne, il s’agit avant tout d’un instinct de survie et une soif de liberté exprimés par les ivoiriens. Car pouvons-nous demander à celui à qui l’on donne villas, nourriture, travail, de se taire au point de ne jamais exprimer sa soif de liberté et d’émancipation? Que vaudront donc ces richesses si ce dernier n’est pas libre d’en disposer comme bon lui semble? L’exemple de certains africains certes immensément riches mais qui peinent à décoller, car plombés par des querelles fratricides, mais surtout par la domination de certaines puissances économiques, est là pour nous édifier. C’est là tout le sens du combat qu’a mené ce digne fils de la Côte d’Ivoire. Hélas Laurent Gbagbo se retrouve aujourd’hui, injustement détenu à la Cpi.
Alors, pour qui prétend travailler monsieur Alassane Ouattara quand malgré tout, une large majorité des ivoiriens se sentent tout aussi en prison comme leur leader Laurent Gbagbo? Non, ce n’est pas en parlant de relance économique ou en disant vouloir faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent qu’ils réussiront leur pari. Non. C’est en travaillant à libérer les cœurs de toutes les frustrations, les haines, les vengeances et les rancœurs. C’est seulement sur ce principe qu’ils pourront consolider la nation ivoirienne, donc réussir ce programme que monsieur Ahoussou Jeannot vient de présenter aux députés du Rhdp, et non le contraire.
En tout état de cause, le «pousse-toi de là que je m’y mette», perpétré par monsieur Ouattara, avec l’appui de la coalition France-Onuci, au détriment du président Laurent Gbagbo et des ivoiriens qui se reconnaissent en lui, tient moins aux motifs à la pauvreté et du chômage. Mais tout simplement au seul et véritable motif que «sa tête ne leur plait pas».
Ainsi, croit-il alors, monsieur Alassane Ouattara, que faire miroiter son programme de gouvernement aux yeux des ivoiriens avec de belles résolutions, suffira à noyer leur ardeur dans leur reconquête de liberté et de dignité perdues depuis le 11 avril 2011?

Marc Micael

Wed, 18 Jul 2012 04:38:00 +0200

0

Laisser un commentaire

Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
Accepter
Refuser
Privacy Policy