février 1, 2023

Pour mieux museler les étudiants: Le pouvoir positionne un syndicat d’étudiants fantôme

Un syndicat d’élèves et d’étudiants, qui n’existe que de nom depuis 6 ans, dans les oubliettes, et en mal de publicité, le syndicat des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Syeeci) dirigé par un certain Coulibaly Salif Djomon, va désormais agir au nom de tous les syndicats d’élèves et étudiants. Lundi dernier lors de la rentrée solennelle et académique de l’université Nangui Abrooua (ex-université d’Abobo-Adjamé), aucun autre syndicat n’était présent sauf cette organisation syndicale que d’aucuns soupçonnent déjà être aux ordres du régime. Les responsables de ce syndicat, notamment le SG de la section université Nangui Abrogoua, Ouattara Adama, ont même parlé au nom et pour les intérêts moraux et matériels de tous les élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Celui-ci a révélé qu’une fusion de tous les syndicats d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire s’est opérée et c’est désormais Coulibaly Salif Djomon qui est le porte-parole de cette coalition de syndicats qui sort du néant. Du côté de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) de Mian Augustin, l’Union des mouvements estudiantins de Côte d’Ivoire (Umes) de Adiko Sampah, le syndicat des étudiants en sciences de la santé de Serges Nando…, des organisations qui avaient jusqu’au début du déclenchement de la crise postélectorale, pignon sur rue dans les universités, on se dit surpris. Pour elles, c’est de la manipulation politique. «Sans nous cette fusion ne pourra jamais prospérer, parce que les étudiants de Côte d’Ivoire se reconnaîtrons toujours en ces syndicats. Nous ne donnons aucun crédit à cette fusion que nous qualifions de manœuvres suscitées par le pouvoir pour légitimer un syndicat soupçonné déjà de faire le jeu du régime pour livrer des étudiants» soutient un membre du Ben de la Fesci. Pour Ouattara Adama, «le Syeeci n’avait pas droit à la parole, étouffé sous le régime de Laurent Gbagbo». Pour la Fesci, c’est un raccourci malheureux. C’est sous le régime Gbagbo explique Mian Augustin que les grèves ont proliféré, en violation parfois des dispositions légales. «Les syndicats abusaient à satiété de la grève (le MIDD, la CNEC, le synacass-ci, l’ex-Synesci de Soro Mamadou avec ces interminables grèves préventives, d’avertissement, illimitées)» renchérit un militant de l’Umes. Pour Mian Augustin, ce syndicat est incapable d’occuper l’espace syndical. «La Fesci est incontournable. Les pouvoirs publics ne veulent pas nous voir mais lorsqu’il y a des réunions, c’est nous qu’on appelle parce qu’ils savent» a-t-il indiqué hier par téléphone.

Charles Bédé in NOTRE VOIE
charlesbd97@yahoo.fr

Thu, 04 Oct 2012 22:46:00 +0200

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