• dim. Nov 8th, 2026

    La Liberté d'Informer

    Gambie : Des sacrifices humains oui !

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Alors, ce n’était que du vent, ce fameux souci de respecter la loi constitutionnelle dont se prévaut l’homme fort de Banjul. Yahya Jammeh a décidé d’envoyer ad patres 47 pauvres hères pour sauver sa peau. Neuf condamnés ont déjà payé de leur vie ; en attendant les autres qui pourraient connaître le même sort … à moins que la prophétesse chère au fantasque chef d’Etat ne revoie sa comptabilité à la baisse après consultation de sa boule de cristal. D’ici là, le concerto de condamnations n’y pourra rien, tant celui qui se soucie comme d’une guigne de son droit de grâce tient mordicus à sa macabre décision.

    Après avoir croqué à belles dents de l’opposant et du journaliste (le cas de notre regretté journaliste gambien Deyda Hydara, opposant à Jammeh assassiné en décembre 2004), le grand prédateur des droits de l’Homme a changé son fusil d’épaule pour tirer dans le tas. En matière de sensationnalisme et de provocation, il n’est d’ailleurs pas à son premier haut fait d’armes : n’avait-il pas il y a quelques années de cela déclaré qu’il pouvait traiter le SIDA et l’asthme à base d’herbes médicinales fortifiées de quelques versets du Coran ?

    Idem pour l’hypertension artérielle, avec une seule dose s’il vous plaît. Il a justifié ses prétentions par des aveux extorqués par quelques uns de ses ministres affirmant avoir été guéris grâce à ce médicament. Oui, la constitution n’interdit pas qu’un président se mue en herboriste pour sauver des vies. Mais de là à en ôter avec une jubilation déconcertante, il y a un pas qu’il ne fallait pas franchir. Dans un petit pays, kyste blotti dans le ventre d’un autre (le Sénégal), avec pas plus du million d’habitants, il est impossible de liquider ainsi une quarantaine de personnes, fussent-elles des délinquants de première classe. S’il s’avère que c’est par la peur superstitieuse de perdre la vie qu’agit le bourreau de Banjul, force sera de conclure que c’est plutôt de sacrifice rituel qu’il s’agit et non d’exécutions aux termes de la loi.

    Mais qu’il s’agisse d’exécutions ou de sacrifices humains, ce dossier nous ramène à un principe que nous n’avons jamais cessé de défendre : l’inanité et l’inhumanité de la peine de mort, même si elle était prononcée dans les meilleures règles juridiques du monde, a fortiori lorsqu’il elle est arrachée aux termes d’une parodie judiciaire. Il n’est pas jusqu’aux Etats-Unis, où la peine de mort est appliquée dans certains Etats, qui n’aient dénoncé ce qui s’est passé en Gambie. Côté Afrique, le dernier à monter au créneau est le président sénégalais, Maky Sall, qui a formellement condamné les macabres machinations de son plus que voisin, avec menaces d’expulsion du plénipotentiaire gambien à Dakar.

    Issa K. Barry in lobservateur.bf

    Thu, 30 Aug 2012 18:18:00 +0200

    Laisser un commentaire

    Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
    Accepter
    Refuser
    Privacy Policy