Affaire Ouattara reçu par Wade / Alcide Djédjé : ‘’Nous avons les preuves de la conspiration contre la Côte d’Ivoire’’

Photo : DR
«IL EST TRÈS RARE qu’un chef d’Etat africain affrète son avion personnel entre les deux tours d’une élection pour transporter les opposants de son homologue. C’est très grave. Et donc il s’agit vraiment d’une erreur grossière, une erreur diplomatique du président Abdou- laye wade. Si le président s’était simplement limité à recevoir l’un des candidats, on aurait peut-être com- pris. Mais là, il est allé trop loin. Nous avons les preuves d’une conspiration contre le président Gbagbo et contre la Côte d’ivoire. Il s’agissait pour le président Wade, après les démarches qu’il a été faites auprès des chefs d’Etat de la sous-région, de neutraliser le pré- sident Laurent Gbagbo en vue de favoriser l’accession du premier ministre Alassane Ouattara à la magistrature suprême. Et cela, nous ne pouvons l’accepter. Nous avons donc décidé de rappeler notre am- bassadeur. Il faut dire que le prési- dent Wade n’est pas à sa premiè- re tentative de déstabilisation. Nous savons le rôle qu’il a joué dans la cri- se ivoirienne depuis 2002. Quand le président Gbagbo a décidé de tour- ner la page, il s’est rendu au Séné- gal et le président sénégalais lui- même est venu aussi à Abidjan.
Nous avons pensé que la page était tournée. Mais nous sommes obligés de constater que le président du Sé- négal, Me Abdoulaye Wade ne veut pas que la page soit tournée. (…) Le Front populaire Ivoirien est membre de l’international socialis- te et régulièrement, il y a des membres de l’international socialis- te qui viennent en Côte d’Ivoire. C’est dans ce cadre de travail que Niang est venu en Côte d’Ivoire pour travailler avec le vice-président de l’international socialiste, le pre- mier ministre Affi N’Guessan. Et il y a d’autres membres de l’interna- tional socialiste qui continuent de venir en Côte d’Ivoire. La visite du socialiste sénégalais n’a pas de rapport avec les élections au Séné-
gal. Le président Gbagbo n’a jamais envisagé de cette façon s’ingérer dans les affaires internes du Séné- gal. Il s’agit des relations régu- lières entre les camarades de l’inter- national socialiste. On ne peut donc pas se saisir de ce prétexte pour dire que le président Laurent Gbagbo invite les opposants séné- galais en Côte d’Ivoire. Je pense que le président Wade aurait dû s’y prendre d’une autre façon. Il a le droit de soutenir un candidat mais il n’a pas le droit de conspirer contre la Côte d’Ivoire(…). Puisque c’est le président Wade qui a commis l’er- reur, nous attendons qu’il fasse la démarche vers nous. Nous restons très fermes sur notre position par- ce qu’il s’agit d’actes répétés du président du Sénégal et nous ne pouvions continuer à l’accepter. A cet effet, il y a la lettre de protes- tation et nous attendons la réaction du gouvernement sénégalais. Jusque-là nous n’avons pas eu de réaction officielle (…). Je pense que la communauté sénégalaise vivant en Côte d’ivoire a raison de réagir de cette façon. Parce qu’il ne faut pas privilégier les intérêts par- tisans. Le peuple du Sénégal et le peuple de Côte d’Ivoire sont des peuples frères. Le rôle d’un chef d’Etat est de consolider les relations entre peuples et non de chercher à les détruire en favorisant les inté- rêts partisans. C’est le lieu de de- mander à Wade de nous expliquer cet énième acte contre la Côte d’Ivoire. Parce que nous ne compre- nons pas»

Mon, 08 Nov 2010 04:52:00 +0100

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