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    La Liberté d'Informer

    Communion avec les populations : indésirable à l’Ouest, Ouattara s’invite à Bouaké

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Sauf changement de dernière minute, Alassane Dramane Ouattara sera ce matin dans la ville de Bouaké. Selon les communicants du régime, l’homme s’y rend pour inaugurer la nouvelle usine de conditionnement et d’entretien de l’anacarde du groupe agro-industriel Olam international. Sur place dans l’ancien quartier général de l’ex-rébellion ivoirienne, l’air est à la fête. Sous la houlette de Konin Aka, le préfet de région, le comité d’organisation de la visite présidentielle a mis les petits plats dans les grands pour rendre agréable le séjour du chef de l’Etat. Depuis quelques jours, la cité a revêtu ses plus beaux habits et la population locale a grossi avec l’arrivée depuis hier de personnes convoyées, aussi bien depuis les villes et villages environnants que des contrées plus lointaines. En somme un décor de visite d’Etat qui ne dit pas son nom. Il en a bien besoin, le champion des ADOrateurs, après la douleur historique de Libreville qui a brisé son rêve de sillonner toute la Côte d’Ivoire avec le trophée de la CAN, pour s’offrir des bains de foule qui rabattraient le caquet à tous ceux qui nient encore la légitimité de son pouvoir. Ainsi donc en dehors du déplacement, il y a quelques semaines, dans une petite bourgade de Korhogo pour lancer les activités d’une mine d’or locale, la présence de Ouattara ce jour à Bouaké, constitue véritablement le premier voyage à l’intérieur du pays, de l’homme. C’est visiblement la réponse de ce dernier aux populations de l’Ouest qui rechignent à le recevoir sur leurs terres et de le célébrer pour les avoir tiré des griffes de Gbagbo, le ‘’méchant dictateur’’. En effet, on se souvient que le chef de l’Etat, au lendemain de sa prise de pouvoir dans les conditions que tous savons, avait promis accorder sa première visite aux populations meurtries de l’Ouest. Le symbole pour la réconciliation était d’autant plus fort que cette partie du pays est celle qui depuis 2002, continue de payer le plus lourd tribut au conflit ivoirien, avec un pic observé lors de la crise postélectorale avec notamment un millier de morts enregistré le seul 28 mars 2011 à Duékoué, si on en croit la Croix rouge. Aujourd’hui encore, la zone continue de subir les assauts répétés de bandes armées qui y règnent en toute impunité, prolongeant ainsi le cauchemar des populations locales. Or c’est justement le sentiment d’avoir été abandonnées par la République ou de faire ainsi les frais de la vendetta du régime pour son vote massif en faveur du président Laurent Gbagbo qui est à la base du peu d’enthousiasme des autochtones Wê à accueillir le premier citoyen de Côte d’Ivoire. Les émissaires du chef de l’Etat ont beau déployer un trésor de diplomatie, ils ne sont toujours pas parvenus à assouplir les populations locales. Conséquence, l’on est à l’heure actuelle au troisième report de l’arrivée de Ouattara à l’Ouest et rien n’indique que ce soit le dernier report du genre vu que les travaux de séduction engagés depuis peu dans la région et même la nomination aux emplois supérieurs de l’Administration de certains fils du terroir, ne semblent impressionner le peuple du grand ouest qui vit sa douleur en toute dignité. C’est donc pour contourner la difficulté qu’Alassane s’aménage ce matin, une petite tribune à Bouaké. Pour faire une fois de plus, illusion. Mais ce n’est pas sûr que cela ait le même effet qu’un déplacement à Duékoué, Guiglo, Bloléquin, et autres Toulepleu. Car, c’est connu, nul n’est prophète chez soi.

    Par Géraldine Diomandé in Aujourd’hui

    Thu, 23 Feb 2012 15:33:00 +0100

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