
Sans surprise, celui-ci répond par la négative. Mais ce sont surtout ses arguments qu’il faut écouter. Pour Soro, la confiance qui le lie au chef de l’État repose sur deux faits. D’abord son refus de s’entendre avec Laurent Gbagbo pour le second tour de la présidentielle de fin 2010, puis sa volonté de respecter l’ordre républicain en ne cherchant pas à s’emparer du pouvoir après la victoire d’Abidjan contre les pro-Gbagbo, en avril 2011. « J’aurais fort bien pu, dans la foulée, ramasser la mise pour moi. Or je ne l’ai pas fait », dit-il.
Mission parlementaire
Désormais, Soro entend se consacrer entièrement à sa mission parlementaire – en toute indépendance, prétend-il, du gouvernement. Comme des Forces nouvelles (FN) ? C’est moins sûr, même s’il entend démissionner du secrétariat général de l’ancien mouvement rebelle pour rester « au-dessus de la mêlée ». Reste à savoir, maintenant qu’il est acquis que les FN ne se transformeront pas en parti politique, quand Soro adhérera au Rassemblement des Républicains (RDR), le parti de Ouattara dont il a été le candidat élu à Ferkéssedougou lors des dernières législatives.
Autre question : qu’en est-il de l’hypothèque sur sa carrière que fait peser la menace d’une enquête de la CPI, laquelle porte désormais sur les crimes commis en Côte d’Ivoire depuis l’éclatement de la rébellion menée par Soro, en 2002 ? Le dossier préoccupe Soro, même s’il reste, jure-t-il, « serein ». Là encore, qu’il le veuille ou non, sa meilleure protection reste sa fidélité à Alassane Ouattara. D’autant que c’est aussi le meilleur chemin vers la présidence…
In Jeuneafrique.com
NB : Le titre est de la rédaction
Lire « Guillaume Soro : "Mon destin est formidable" » dans J.A. n° 2671, en kiosques du 18 au 24 mars.
Sat, 17 Mar 2012 21:58:00 +0100
