Enquêtes sur la crise post-electorale : Le Procureur Simplice Koffi fait exhumer un corps à Yopougon

• Pleurs et émotion hier au quartier Doukouré
L’atmosphère était lourde hier mercredi 25 janvier dans le sous-quartier Doukouré de Yopougon, à l’occasion d’une opération d’exhumation de corps ensevelis dans des fosses communes, pendant la crise post-électorale. Initiée par le Procureur de la République, Simplice Koffi, cette opération va se poursuivre dans les jours à venir. Un seul corps emballé dans une natte a pu être exhumé d’une fosse commune et fera l’objet d’examens médico-légaux pour connaitre les circonstances de la mort de cet individu. « Il nous a été signalé l’existence de plusieurs fosses dans le quartier Doukouré de Yopougon. Ces fosses devraient contenir des corps humains, nous avons procédé à l’ouverture de l’une de ces fosses, malheureusement le résultat est positif puisqu’un être de sexe masculin a été enterré. Nous allons procéder aux autres exhumations pour vérifier la matérialité des faits », a expliqué sur place à la presse le Procureur de la République. Il était difficile pour les riverains de cacher leur douleur devant une telle opération pour laquelle, un détachement de la police du district de Yopougon et des gendarmes de l’escadron de la commune ont été déployés. Des femmes pleuraient, d’autres jeunes qui avaient le visage grave, se sont remémoré les tristes événements de la crise post-électorale. Le chef du quartier Doukouré, Ali Fofana, a fait opposition à l’exhumation du corps au motif que la population n’était pas informée. Il craignait que certaines plaies qui peinent à se cicatriser s’ouvrent à nouveau. « Nous n’avons été informés de cette opération que dans la presse. Nous souhaitons informer la population avant qu’on ne procède à cette opération. Nous voulons que vous nous accordiez 24 à 48 heures pour que nous prenions toutes nos dispositions », a-t-il plaidé auprès des autorités policières. « Nos morts doivent reposer en paix. Nous sommes d’accord pour l’opération », s’est-il par la suite ravisé sur insistance du nouveau député de Yopougon, Imbass Ouattara Abass qui était présent sur le site. De même que des médecins de l’Institut national de l’hygiène publique (INHP), du directeur de l’environnement du District d’Abidjan, d’un médecin légiste, du chef de la division Droits de l’homme de l’ONUCI, Guillaume N’guefa et des pompes funèbres. Des mesures sanitaires ont été prises pour tuer tous les vecteurs de maladie. « Nous allons poursuivre nos investigations. Un corps a été enterré à cet endroit. Qui a tué ces gens ? Qui a procédé à leur inhumation ? C’est le but de ces enquêtes. Les enquêteurs continueront leurs investigations », a déclaré Simplice Koffi, révélant qu’une autre fosse a été observée dans la cour de la mosquée Doukouré. « C’est une procédure judiciaire. Nous n’avons pas de commentaire à faire. Nous laissons la justice faire son travail », a indiqué M. N’Guefa. Selon Daouda Kéita, un jeune habitant dudit sous-quartier, 29 corps dont celui de son frère cadet ont été enterrés dans cette fosse après le passage des miliciens pro-Gbagbo. Quatre autres, a-t-il poursuivi, sont ensevelis ailleurs.

Hervé KPODION in L’Inter

Thu, 26 Jan 2012 04:55:00 +0100

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