novembre 27, 2022

FPI / Lettre ouverte d’un militant de base au Président du FPI : ‘’Plus le temps passe, plus les chances du Président Gbagbo de gagner au premier tour s’amenuisent’’

Photo: DR
Monsieur le Premier Ministre Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI,
Je suis un militant du Front Populaire Ivoirien. Je ne suis pas membre du secrétariat général et encore moins un dignitaire du parti. Mais j’estime qu’en tant que militant ou tout simplement ivoirien, j’ai mon mot à dire sur le débat, en cours en ce moment, suite à la sortie du 3ème Vice Président du FPI. J’aurais pu m’abstenir d’intervenir dans cette affaire, après le secrétaire Général, mais je pense, comme beaucoup de militants à la base, que le débat, à la réunion des barrons du parti, a été orienté et les problèmes de fonds n’ont pas été abordés. Cette façon de procéder ne militant pas en faveur du FPI, je me vois obligé, en tant que militant qui ne souhaite que la victoire du Président Laurent Gbagbo au 1er tour, de réagir et donner la véritable opinion de la base.
Monsieur le Président,
Le Professeur Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée Nationale et 3ème Vice-Président du FPI, a prononcé une conférence le mercredi 02 juin 2010 à la rotonde de l’Assemblé Nationale sur le thème : « La responsabilité de la classe politique devant l’opinion publique ». Dans son intervention, le Pr. Koulibaly Mamadou a touché du doigt plusieurs réalités de notre pays notamment la corruption à grande échelle dans les concours administratifs, l’échec de l’APO et la gestion des listes électorales.
Monsieur le Président du Parti, cette sortie du Président de l’Assemblée Nationale devrait être capitalisée et ouvrir un débat au FPI. Vous avez, dans un premier temps, préféré réagir par presse interposée.
Monsieur le Président, si vous avez reproché au 3ème Vice-président du FPI de n’avoir pas mis la forme dans sa sortie, pensez-vous sincèrement que vous étiez obligé de lui répondre par presse interposée ? Vous ne pensez pas, en tant que Président du parti, qu’il aurait été mieux indiqué, comme vous l’avez fait finalement, de convoquer le Pr Koulibaly Mamadou à une rencontre interne au parti ? Ce n’est pas parce que le Président Koulibaly Mamadou fait une sortie en dehors du cadre du Secrétariat Général que vous, Président du Parti, étiez obligé de le suivre dans la même logique. Votre sortie a confirmé le déficit de communication et le clanisme qui au Fpi.
Monsieur le Président, pour en venir aux questions soulevées par le Pr. Koulibaly Mamadou, nous savons tous qu’il a dit très haut ce que tout le monde dit très bas. Et c’est ce que vous lui reprochez. Au nom de la discipline du parti et des fonctions qu’il occupe, le Professeur doit observer le mutisme total. Je dis non. Au nom du peuple, le Politicien responsable qui occupe de hautes fonctions a le devoir de parler et dénoncer les tares des responsables véreux. C’est sur la base d’un programme de société que Laurent Gbagbo a été élu pour servir le peuple de Côte d’Ivoire. Je voudrais vous faire remarquer que le Président Laurent Gbagbo n’a pas été élu et ne sera pas réélu par la Direction du FPI. Il a été élu et sera réélu par le peuple de Côte d’Ivoire. Sur certaines questions, c’est l’avis du peuple qui compte. C’est le jugement du peuple qui est important et indispensable pour nous permettre de nous améliorer et donner un véritable espoir à tous ceux qui croient en nous.

L’Affaire du concours d’entrée à l’école de police
Il est de notoriété publique que les concours administratifs sont devenus aujourd’hui, plus que hier, un moyen d’enrichissement et de trafic d’influence pour certains cadres du FPI. Tout le monde en parle. Le Chanteur Yodé l’a dit dans une chanson qui s’adresse au Président Laurent Gbagbo en ces termes : « on a passé concours, on attend résultat or résultat attend notre argent. On t’a élu Président et si tu prends un voleur comme collaborateur, nous on va t’appeler voleur ». C’est édifiant et choquant. Ceux qui sont choqués ne sont autres que les électeurs de Laurent Gbagbo. La sortie du Professeur va certainement les rassurer pour leur faire comprendre que tout le monde n’est pas impliqué dans la magouille et qu’il y a espoir que les choses redeviennent comme le Président Laurent Gbagbo l’a toujours souhaité pour la Côte d’Ivoire. Pourquoi chercher, Monsieur le Président, à protéger des gens qui sont en train de dévoyer la lutte du FPI ? Ce que Mamadou Koulibaly a dit est il vrai ou faux ? Voilà la question fondamentale et c’est tout. Si le Chef de Cabinet du Ministre Tagro a triché et qu’il est dénoncé ça fait quoi ? Si on commence à protéger les malhonnêtes au sein du Parti, nous ne rendons pas service au Président Laurent Gbagbo. Et la sortie du Président de l’Assemblée Nationale aura pour avantage de rassurer les ivoiriens mais aussi de protéger le Président de la République et faire comprendre à nous tous qu’il n’est pas complice de toutes ces personnes qui ne pensent qu’à leurs intestins. Le FPI est un grand Parti qui défend de grandes valeurs. C’est ce qui explique la mobilisation des ivoiriens autour de la candidature du Président Laurent Gbagbo. Nous n’avons pas le droit de laisser des personnes douteuses remettre tout ce travail en cause. Des responsables dont le Président Koulibaly Mamadou ont trop travaillé pour ouvrir le Parti à de nombreux ivoiriens qui ont accepté de soutenir le FPI et le Président Laurent Gbagbo parce que simplement on leur a dit que seul Gbagbo et son Parti peuvent envoyer le pays vers le développement. C’est la Côte d’Ivoire qui est en jeu et non l’intérêt d’un individu. Vous, Monsieur le Président Affi, vous avez été 1er Ministre donc un homme d’Etat au plus haut niveau. Comment vous pouvez soutenir quelqu’un dont le comportement négatif est avéré. Même la communauté musulmane s’en plaint pour sa gestion chaotique du Hadj. Vous avez été en tournée dans le nord, quel message avez-vous véhiculé ? Est-ce un message d’espoir ou un message de protection des fossoyeurs de la République ? Nous qui sommes des « nouveaux » militants du FPI, ce n’est pas ce qu’on nous a dit pour nous convaincre d’entrer dans ce Parti. Alors il serait bon d’appuyer le Président Koulibaly Mamadou qui demeure encore une poche de moralité dans votre Parti où les militants n’arrêtent pas de se plaindre des dirigeants qui sont devenus des affairistes. Dans les autres partis on mange aussi me dira-t-on. C’est vrai. Mais nous ne devons pas leur ressembler car au FPI on travaille pour la Côte d’Ivoire d’abord. Et le Président Laurent Gbagbo doit demeurer l’exemple des personnes intègres qui ne pensent qu’à l’intérêt du peuple. Le Président de l’Assemblée Nationale ne fait que suivre les sillons tracés par Laurent Gbagbo.

L’accord Politique de Ouagadougou
Pour revenir à l’APO, je ne sais pas ce que vous reprochez à l’intervention du Président Koulibaly Mamadou.
Monsieur le Président, depuis la signature de l’APO, quelles sont les avancées significat ives et déterminantes ? Je suis étonné d’apprendre de vous que la rébellion est terminée depuis la signature de l’APO. Demandez à ceux qui vont régulièrement au Nord si la rébellion est terminée. Les vrais chefs là bas ce sont les Com zones et non les Préfets et Sous Préfets qui y sont. Tant que cela va demeurer c’est qu’il y a toujours la rébellion. D’Abidjan à Korhogo, Boundiali, Mankono, Odienné ou autres destinations du Nord, en transport en commun, le passager est soumis à un traitement particulier dès qu’il sort de la zone Gouvernementale. C’est ça la fin de la rébellion ? Monsieur le Président, c’est déroutant d’entendre ça de vous. Le pillage systématique des ressources minières et agricoles, par les forces nouvelles et leurs alliés, qui appauvrissent le Pays serait une vue de l’esprit ? L’APO a été signé pour 10 mois et cela nous fait 3 ans. Mais ouvrons les yeux. Ce n’est pas la présence de Soro à la tête du Gouvernement qui nous fera dire que la rébellion est terminée. Depuis Marcoussis, que vous avez négocié, Soro est entré au Gouvernement et cela a changé quoi ? Sauf que les fonds de l’Etat sont utilisés pour entretenir les rebelles alors que les ivoiriens, qui travaillent pour faire avancer le pays, souffrent. L’APO nous coûte, à ce jour près de 600 milliards. Presque pour rien. C’est révoltant et les sorties vérités comme celles de Mamadou Koulibaly ne peuvent que calmer la douleur des ivoiriens. J’ai entendu un des leaders des jeunes patriotes dire que la stabilité des institutions de la République est à mettre à l’actif de l’APO. J’en ris et j’en suis en même temps triste. Avancer de tels propos serait battre en brèche les sacrifices des résistants ivoiriens qui ont donné de leurs vies pour la stabilité des institutions. Ce jeune leader le sait mieux que moi. Sa réaction est tout simplement la mauvaise foi et l’état d’esprit de certains membres du Secrétariat Général contre la personne de Mamadou Koulibaly qui demeure un exemple dont Gbagbo a besoin pour développer son programme de gouvernement.
Monsieur le Président, la réalité est que la crise a tellement duré que les ivoiriens ont commencé à s’en accommoder. Alors on pense qu’on est dans une situation normale. D’où les nombreuses revendications salariales qui finalement peuvent gagner tous les secteurs de la fonction publique. Ne pensez vous pas qu’on peut faire mieux que de persévérer dans un accord qui finalement est en train de nous desservir ?
Monsieur le Président ? Vous avez peut-être vos sources d’information qui vous rassurent sur l’état d’esprit des populations, mais la réalité est que les ivoiriens, en général, commencent à perdre patience. C’est sûr et c’est sérieux. Les prix des denrées alimentaires de premières nécessités ont triplé, le prix du carburant est intenable, le niveau de l’éducation est par terre, la misère est présente et le désespoir s’est amplifié. Voici la réalité et ses conséquences imprévisibles. Plus nous nous éternisons dans cette crise et moins nous nous ferons comprendre et suivre par les ivoiriens. Vous ne pensez pas, Monsieur le Président, que les Forces Nouvelles cherchent à nous avoir à l’usure ? L’APO est bloqué sur les points essentiels à savoir le désarmement et l’unicité des caisses. Si cela est fait, c’est que nous avons réellement avancé et on pourra dire que la rébellion est terminée. Si cela n’a pas pu se faire en 3 ans alors que c’était prévu pour 10 mois, en ce moment ayons la lucidité de reconnaître que l’APO a montré ses limites. Dans ce cas, le Ministre Tagro doit prendre l’initiative de s’ouvrir au PR et lui dire la vérité. Mais aussi de lui donner sa démission. Au Président Laurent Gbagbo de lui demander de continuer tout en approfondissant les discutions avec les Forces Nouvelles en vue de trouver les solutions à la crise

La liste électorale provisoire
Quant à la question de la liste électorale, la position du Président Koulibaly Mamadou peut être acceptée ou rejetée. Le plus important est qu’il a la volonté de poser et de chercher une solution au problème qui, mal traité, peut nous être préjudiciable. On peut être d’accord ou pas. Il faut envisager, en interne, le débat. C’est ce manque de débat qui nous a entraînés là où nous sommes. On savait tous que de faux extraits allaient être fabriqués par certains maires de l’opposition. Cela a été dit. Vous avez été prévenu. Mais l’APO a dit allons nous faire enrôler avec uniquement l’extrait de naissance. On a tout accepté et au moment de conclure, on dit on veut plus. Soyons conséquents avec nous-mêmes. Il est question de régler ce problème et aller aux élections. Mamadou Koulibaly a donné sa position. C’est la démocratie. On peut ne pas le suivre mais il faut aller aux élections. Car plus le temps passe et les chances du président de la République de gagner au 1er tour s’amenuisent. Il y a 3 ans le PR gagnait au 1er tour. Aujourd’hui ce n’est pas évident. Alors travaillons et allons aux élections pour faire triompher notre leader au 1er tour. C’est le plus important au lieu de vouloir contredire la vérité en cherchant, en réalité, à abattre une personne qu’on croit dans la course stupide de succession au Président Laurent Gbagbo.
Que retenir fondamentalement de la sortie du Président de l’Assemblée Nationale ?
Le Professeur Koulibaly Mamadou a secoué l’arbre dans le but de faire tomber les mauvais fruits. Les prochaines campagnes électorales vont être dures. Tout le monde ne pourra pas parler au nom du Président de la République. Ceux qui traînent des casseroles doivent être écartés et faire la place à ceux qui pourront regarder les ivoiriens dans les yeux pour leur parler. Une remise en cause véritable était nécessaire et le Président Koulibaly Mamadou nous en donne l’opportunité.
Monsieur le Président, avec tout le respect dû à votre rang, je vous prie d’analyser objectivement la position du Président de l’Assemblée Nationale. Le FPI n’est-il pas le parti où les débats contradictoires permettent à la lumière de surgir ?

FOFANA Lacina, militant onvaincu du FPI

Tue, 15 Jun 2010 09:44:00 +0200

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