Gbagbo – Ouattara : Face-à-face à la télé avant le second tour

Photo : DR
Le second tour entre le prési- dent sortant Laurent Gbagbo candidat de La Majorité Prési- dentielle (LMP) et Alassane Ouattara président du RDR (Rassemblement des républi- cains), ancien premier ministre se tiendra le 28 novembre 2010. Mais avant le second tour, des face-à-face sur la RTI
et d’autres antennes pour- raient les opposer.
LA CÔTE D’IVOIRE se prépare au duel entre Laurent Gbagbo et Alas- sane Ouattara. La bataille du second tour promet d’être sans merci entre les deux hommes pour capter l’élec- torat du PDCI. Laurent Gbagbo est en tête du premier tour de l’élection présidentielle du dimanche 31 oc- tobre avec 38,3% des suffrages, contre 32,08 % pour Alassane Ouat- tara, selon l’annonce du président de la Commission électorale indépen- dante (CEI) dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 octobre 2010. Le troisiè- me candidat, l’ancien président Hen- ri Konan Bédié (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) qui tentait de recon- quérir le fauteuil perdu en 1999 par le premier coup d’Etat, avec 25,24% des voix, a été devancé. Dans le Dis- trict d’ Abidjan, Laurent Gbagbo (candidat de «La majorité présiden- tielle»), se taille la part de lion à plus de 50% de voix. Selon ces données partielles, Alassane Ouattara reste maître dans son fief, au nord de la Côte d’Ivoire tout comme Henri Ko- nan Bédié l’est dans le centre, notam- ment à Yamoussoukro. D’ici au 28 novembre, les partisans de Gbagbo devraient accentuer leur campagne contre Alassane Ouattara qui, fort de son expérience de Premier ministre au début des années 90 et d’ancien di- recteur du FMI, devrait continuer à se présenter comme l’homme du changement, le seul qui puisse re- dresser une situation socio-écono- mique en lambeaux après dix ans de crise. En théorie, il doit bénéficier du soutien de Bédié, dont il est l’allié de- puis 2005 au sein d’une coalition électorale, le RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour le dévelop- pement et la paix). Bédié devrait donc appeler à voter pour Ouattara. Res- te à savoir si ses partisans suivront les consignes du bon troisième qu’il est. Le second tour promet d’être serré. Les deux candidats, dont les
partisans étaient les plus suscep- tibles de descendre dans la rue en cas de problème, se sont qualifiés pour le second tour prévu pour le 28 no- vembre prochain. A Abidjan, où la population craignait des troubles lors de la proclamation des résultats, le soulagement est total.

Armand Kouame

Encadré
Les faiblesses d’Alassane Ouattara
Les résultats des élections présidentielles en Côte d’Ivoire sont connus depuis le mercredi 3 novembre 2010. Le président sortant Laurent Gbagbo est en tête avec 1 738 889 de voix soit un taux de 38,03 % suivi du candidat du Rassemblement des républicains (Rdr) Alas- sane Ouattara qui a bénéficié de 1 473 970 de suffrages équiva- lent à un taux de 32, 06 %. Quant au président du Parti démocra- tique de la Côte d’Ivoire (Pdci) il a occupé la troisième place en ré- coltant 1 142 814 de voix, correspondant à un taux de 25, 01 %. Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité absolue au premier tour, un deuxième est prévu dit-on, le 28 novembre entre le can- didat de la Majorité présidentielle (Lmp) à celui du Rdr. Ce qui a fait défaut à Alassane Ouattara ou du moins au Rdr, c’est sa non consi- dération des zones rurales. On ne le dira jamais assez, le Rdr mini- mise les villages et hameaux et attache plus d’importance aux zones urbaines. Ce qui justifie d’ailleurs son échec. Dans la commune de Daloa 1 par exemple, Alassane Ouattara a bénéficié de 18 757 de suffrages pendant que Laurent Gbagbo récoltait 10 813. En outre dans la commune 2 de Daloa, le candidat du Rdr a obtenu 13 732 contre 10 944 pour le candidat de Lmp. L’ex-premier ministre ivoirien voyait déjà sa victoire oubliant que les villages comme Bédiala et Bogoué, représentaient un poids électoral où il n’a récolté respectivement que 3678 et 1193 contre 6839 et 13 224 pour le président sortant. C’est d’ailleurs la victoire d’Alassane Ouattara dans les communes de Da- loa, de Gagnoa et autres villes de la région du Fromager et du Haut Sassandra qui a fait dire à ses militants et sympathisants au lende- main du scrutin présidentiel qu’il avait gagné au premier tour. Oc- cultant que les élections présidentielles sont loin d’être des élections municipales. Pour espérer donc gagner au deuxième tour Alassane Ouattara gagnerait donc à mener campagne dans les hameaux et vil- lages en plus des zones urbaines de la Côte d’Ivoire

Touré Abdoulaye

Une autre paire de manche pour faire la différence au second tour
A l’issue du premier tour du scrutin présidentiel Laurent Gbagbo (38,3%) et Alassane Ouattara (32 ,08%) croiseront le fer au second tour le dimanche 28 novembre prochain. Les deux hommes qui se sont âpre- ment disputés les voix au cours de la première manche ne se feront certainement pas cadeau dans cet- te aventure qui n’est pas gagnée d’avance par l’un ou l’autre. A la faveur de la deuxième manche, les deux candidats sont à nouveau invités à sauver leur face à travers une émission télévisée de dé- bat contradictoire à l’initiative du Conseil national de communication et de l’audiovisuel Cnca qui de- puis cette élection est la seule structure habilité à définir les règles de passages audiovisuels des dif- férents candidats. Quel visage présentera donc cette contradiction d’idées ? On peut déjà le dire, la tâche ne sera pas du tout facile pour Gbagbo et Ouattara. Pour le premier, historien de formation et farouche résistant au néo-impérialisme l’enjeu est de reconfirmer sa confiance aux Ivoiriens à travers les urnes. Quant au candidat du rassemblement des républicains, il est bien évident qu’il abordera avec aisance les questions économiques et environnementales pour le statut d’économiste qu’on lui recon- naît. A y voir de près, la balance semble équilibrée pour les deux prétendants au fauteuil présiden- tiel d’autant plus que chacun
doit d’abord peser ses forces et ses faiblesses pour penser des stratégies susceptibles de le faire élire. Le moins que l’on puisse dire, c’est que rien n’est encore joué. Et pour chaque candidat le faux pas est interdit au cours de cette paire de manche qui s’avère importante pour la suite de la compétition parce qu’elle pourrait changer les donnes en faveur du plus convaincant. Les électeurs indé- cis ou même des candidats malheureux n’attendent que ce moment pour choisir lequel de ces deux rescapés peut ré- pondre à leurs profondes aspirations

G.R

Avec l’Intelligent d’Abidjan

Fri, 05 Nov 2010 08:42:00 +0100

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