Interview exclusive / Les vérités de Ahmadou Yacouba Sylla sur Houphouët, Bédié, Guéï et Gbagbo

J’ai mal à la Côte d’Ivoire
Au Nom de Dieu, Clément et Miséricordieux ! Vous attendez de mon ignorance la lecture de nos temps politiques et religieux, nos temps qui sont inondés par la tornade des paroles que se disputent religieux et politiciens… le contenu de ‘’À l’Ombre d’un Soufi’’ de mon combat, a besoin de la sagacité rédactionnelle de l’Intelligent d’Abidjan pour restituer le survol de mon vécu de Houphouët Boigny à Laurent Gbagbo. Il n’est pas aisé de prendre la parole dans une pluie de parols. On a le sentiment que la part de la raison n’est pas commandée par la raison. Ma vraie maladie c’est la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est dangereusement et effroyablement malade. Est-ce que nous avons une possibilité d’entrer en nous-mêmes et faire notre examen de conscience ? Nous sommes pris dans une espèce de gouffre. Le gouffre marcoussiste qui nous a envahis. La Côte d’Ivoire est entièrement dévorée et meurtrie par Marcoussis ; tout ça à cause du prisme de l’argent.

L’option de Félix Houphouët Boigny
‘J’ai été député du Nioro pour le compte du Soudan. Pour être député, c’est une très longue histoire, parce que Houphouët-Boigny n’a pas accepté que j’ai pu faire l’option Ghana-Guinée-Mali. Il fallait donc que mon père use de toute son influence pour que je quitte sur la liste de l’union soudanaise du RDA. J’ai fait une option, il fallait l’accepter, mais on ne peut que répondre à l’appel du sang. Quand j’étais au Mali, Houphouët me considérait comme un révolutionnaire et quand j’ai rendu ma démission et que je suis revenu, il voulait obligatoirement que je vienne au cabinet, sans que je ne sache pourquoi. Pour M. Foccart j’étais un révolutionnaire, mais maintenant que je suis revenu, il dit que je suis un communiste. Et Houphouët de m’apostropher, lorsqu’il y a eu l’histoire du complot du chat noir. Il m’a emmené à Yamoussoukro et devant mon père, il a dit que je fais partie des comploteurs. Je l’ai remercié et je lui ai dit : « le respect que je porte à mon père, c’est le même respect que je te porte. Mais puisque je suis un comploteur, je suis obligé de quitter ton salon. Je sais où se trouve la route du Mali et je sais d’où je viens. En te quittant, je vais au Mali et je n’ai pas de comptes à te rendre ». J’ai quitté sa résidence et je suis allé m’asseoir à la station AGIP . Ensuite, il était allé rencontrer les prisonniers politiques et comme le préfet Tagro dans son rapport, a fait état d’un certain Sylla, il a déduit que c’était moi. Au cours de cette réunion donc, il s’attendait à ce que ce soit moi, puisqu’autour de lui, il y avait des gens qui jubilaient de savoir que Sylla aussi fait partie des comploteurs. C’est ce jour-là qu’on a arrêté Ladji Sidibé, c’est ce jour-là aussi que Barouan a versé des larmes à la plantation. Mais, à peine que la réunion a débuté, Gbaï Tagro se lève et dit : « Président, j’ai fait une erreur dans mon rapport. J’ai dit Sylla, mais il s’agit de Abdoulaye Sylla et non Ahmadou Sylla. Barouan quitte la réunion et vient me trouver à la station, tout heureux, et il m’annonce que je suis réhabilité. J’ai refusé de le suivre. C’est mon frère aîné, actuel calife, qui est venu me prendre à la station AGIP pour me conduire à la résidence. Quand nous sommes arrivés à la résidence, Houphouët me dit : « Excuse-moi, Tagro a corrigé sa rédaction ». Je me suis mis à pleurer, mais comme mon père était là, je n’ai voulu rien dire. J’ai quitté leur auguste assemblée et je suis allé me mettre sur un banc. Pour n’avoir pas épousé l’option libérale comme lui, Houphouët, me surveillait de près et me soupçonnait constamment de destabilisateur. Il avait définitivement choisi le libéralisme pour son pays avec toutes ses conséquences. Voilà l’option libérale, le prisme de l’argent l’argent devait faire l’affaire des Ivoiriens. La culture était dévalorisée au profit de ce Dieu. Elle n’avait pas droit de citer.

Houphouët a nommé Bernard Dadié pour qu’il échoue
J’ai entendu l’autre jour dire, qu’on devait fêter Bernard Dadié au Palais de la culture, mais Bernard Dadié se considère comme un marginal. Les conditions dans lesquelles Bernard Dadié a été nommé ministre de la Culture ne viennent pas de lui (Houphouët), mais de l’Extérieur. Senghor et ses amis de la culture ont demandé à Houphouët pourquoi il laisse quelqu’un de la trempe de Bernard Dadié, pour nommer quelqu’un d’autre, qui n’a aucune base culturelle, comme ministre de la Culture. C’est par l’influence extérieure de Bernard Dadié qu’il a été nommé ministre de la Culture. Mais dans quelles conditions ! Il a été nommé ministre de la Culture J’en profite pour lui rendre homm age dans la même période où se déroulait la Coupe d’Afrique. C’est à cette même période qu’on construisait l’immeuble qui abrite la Fédération ivoirienne de football. Fologo était ministre des Sports. Houphouët n’a pas nommé Bernard Dadié pour qu’il réussisse, mais pour qu’il échoue. Dadié est un homme d’expérience. Lorsqu’il a été appelé au Palais présidentiel pour être informé de sa nomination, il a demandé à Houphouët la permission d’aller consulter sa famille. Houphouët lui a dit : « Tu n’as pas à te concerter avec ta famille. J’ai décidé que tu sois ministre, tu le seras ». On a voulu lui arranger ses meubles et sa maison, il a refusé et jusqu’à présent, il occupe cette même maison à la cité des Arts. Il a été débarqué du gouvernement dans des conditions extrêmement graves, mais Bernard Dadié a toujours gardé la dignité du silence, parce que père Gabriel Dadié et lui, ont mené une lutte anticoloniale qu’il ne dévoiera jamais, parce qu’il y a eu une incompréhension entre lui et son père Houphouët-Boigny. Mais tout est aujourd’hui dévalorisé par l’argent. Les gens de Marcoussis se sont donc servis de cette faiblesse pour l’argent, parce qu’il fallait un jour qu’on arrive à la succession d’Houphouët, une succession à la pelle.

Les faiblesses d’Houphouët-Boigny
En ouvrant les frontières, ce qui fut d’ailleurs l’une des faiblesses de mon papa Houphouët, nous avions attiré son attention sur les éventuels dangers de ce qui pourrait advenir. Nous lui avons dit : « Papa, de grâce contrôlons nos frontières ». Et à cette période là, c’était Bakary Coulibaly qui était le directeur de la Sûreté. Et en retour Papa nous répondait ceci : « Ça ne va pas chez toi ! Si les frontières sont ouvertes, c’est parce que je veux créer les Etats-Unis d’Afrique comme les Etats-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire». Nous lui avons dit : « Les gens viennent à toi parce que tu es le Président du RDA. Il ne faut pas te servir de ça pour mener une opposition contre les pays révolutionnaires comme le Ghana, le Mali et la Guinée (…) Ce n’est pas une construction positive de l’avenir ». Il me dit « Ah bon, tu veux me faire la leçon maintenant ? » Je lui ai répondu : « Tu as engagé une action en 1946. Si tu veux changer de style, fais-le, mais reste panafricaniste ». Pourquoi je n’ai jamais occupé de bureau à la Présidence ? C’est impensable ce qui se passe dans son cabinet. Le directeur de cabinet est Français, le secrétaire général est Français, tu as 55 conseillers techniques français. Demander au fils du hamalliste d’aller s’asseoir dans un bureau comme ça, mais c’est le livrer aux loups. Et la preuve, ça ne marchait pas.

Quand ils ont senti la mort d’Houphouët, ils ont délocalisé le bureau des As du contre-espionnage, du palais à l’ambassade de France
Le cabinet militaire français, tenu par des as du contre-espionnage français, qui se demandaient ce que ce Sylla faisait dans ce cabinet. Mais, c’est normal parce que pour eux la Côte d’Ivoire était une province française. Ils ne pouvaient pas penser que quelqu’un puisse avoir une pensée contraire; alors que parmi ces conseillers techniques, il y a des gens qui n’approuvaient pas la façon de faire la coopération franco-ivoirienne. On avait plus de 1.000 enseignants français, on ne pouvait pas dénombrer les conseillers français au ministère de l’Economie et des Finances, au ministère de la Défense. Quand on est dans une telle situation, on ne peut pas dire qu’on construit une nation. Le jour où ils ont senti que la maladie est en train de miner Houphouët, ils ont délocalisé le bureau où étaient les as du contre-espionnage français. Ils ont transféré tous ceux qui étaient au palais présidentiel, à l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, où il y avait la police des polices françaises. Quand j’ai su qu’ils ont commencé à délocaliser, je me suis dit que ça devient compliqué, parce que s’ils délocalisent, cela veut dire qu’ils savent que la fin d’Houphouët est proche. Ils ne lui feront jamais un coup, parce que c’était un très grand ami de l’Occident. Houphouët tenait toutes ses réunions à Cocody et un jour, il a décidé d’aller se faire soigner en France, alors qu’il a soigné ses yeux ici en Côte d’Ivoire. J’ai demandé s’il ne pouvait pas rester ici et se soigner. Il m’a dit de m’occuper de mes affaires. Il est donc allé à Paris pour se soigner. La France n’est pas créateur de vie, elle ne peut donc pas ôter la vie de quelqu’un. Houphouët a aussi a enterré beaucoup de gens, si son tour arrive, c’est arrivé ! A l’époque ceux qui l’ont fait opérer ont dit que c’est ce même médecin là qui a opéré Mitterrand. Mitterrand était encore là, lorsqu’il opérait Houphouët alors qu’il était est en train de finir, ce sont inquiétées certaines personnes. Ensuite on nous dit qu’il faut qu’il aille à Genève. Je leur ai dit que c’est eux qui font ce genre de calcul, parce que quand Dieu a décidé, il a décidé. C’est dans cette même situation que nous nous trouvons aujourd’hui.

Le cas Henri Konan Bédié
Houphouët m’a fait une confidence un jour, et je lui ai dit : « Tu choisis Bédié comme successeur, mais beaucoup de personnes vont se poser des questions ». Il m’a dit « Bédié c’est mon choix, que ça plaise ou non ». Je lui ai demandé s’il avait discuté avec le ministre aux marchés communs. Il m’a dit qu’il en a discuté avec tout le monde et que Bédié c’est son homme, c’est son choix. Un jour, il me dit « on dirait que mon choix ne te plait pas ». Je lui ai dit qu’il n’était pas de mon devoir de spéculer sur l’avenir ou le destin de quelqu’un. Je lui ai dit : « Si Dieu dit que c’est Bédié, c’est Bédié. Puisque c’est toi le chef, je souhaite que tu ais la bonne vue pour que nous n’ayons pas à le regretter ». Nous étions dans un système basé sur l’argent, lorsque Bédié a pris le pouvoir. Les tenants des capitaux financiers se sont rendus compte que dans ce système de Bédié, c’était le moment de prendre des intérêts dans les sociétés. Ils ont donc commencé à faire de la prospection en Côte d’Ivoire, pour savoir qui pouvait remplacer Bédié. J’ai été approché par des personnes qui envisageaient de mettre fin aux actions de Bédié, puisqu’il était actionnaire dans certaines sociétés de vente de riz et autres. Je leur ai dit : « Mêlez-vous de vos affaires. Houphouët est mort certes, mais cela ne veut pas dire que sous Bédié, les choses se passeront comme au temps d’Houphouët ». Malheureusement, le destin étant ce qu’il est, vous avez vu ce qui s’est passé. Bédié a assumé sa part, il s’est retrouvé dans le coup d’Etat. La partition militaire qui a organisé coup, ce sont les Français qui sont à la base de tout. Le général Français, chef d’état major, a entouré Guéi de tous les spécialistes militaires, parce que je ne pense pas que Guéi pouvait réussir seul ce coup savamment planifié. Quand Guéï a commencé à mordre à l’appât du pouvoir, les Français ont créé les conditions pour le pousser à la porte. Voici la tragédie que nous avons vécue.

Comment Gbagbo a géré la crise
Qu’on le veuille ou non, il faut que nous ayions l’humilité d’admettre que la situation en Côte d’Ivoire est contrôlée par les Français. Mais, on ne peut pas être croyant, musulman ou chrétien et être anti quelque chose. Toute créature de Dieu est faite pour être aimée. Dans ce mois sacré du Ramadan, l’Homme doit être en lui-même pur. Je ne vois pas pourquoi, parce que nous avons pris position pour l’intérêt de notre pays, qu’on est anti ceci ou cela. Les militaires des pays appelés communistes sont venus en Octobre 2000 avec leur partition, une partition de désordre quand on s’est retrouvé aux élections. Gbagbo a gagné ces élections, il a été élu Président de la République. C’était dans son destin. Dieu l’a voulu ainsi, nous lui disons merci pour ce choix. Nous ne serons donc jamais contre Gbagbo, parce que mon père nous a dit : « Tu respecteras toujours le choix divin ». Mais mon rôle, c’est de dire à Gbagbo « attention à ceci ou à cela ». Si j’ai entrepris de faire ce que je fais, c’est parce que Gbagbo a géré la crise de façon solitaire. Il s’est mis en dehors de son parti, le FPI, au risque même de s’attirer des problèmes. On ne peut pas renier le fétiche qui t’ai fait. Au PDCI, les militants ne faisaient rien sans le bureau politique, ou le directoire avant d’aller au Conseil national. Mais Gbagbo a coupé avec sa base. Dans le prisme de l’argent, Gbagbo ne connait pas le sens de la gestion de l’argent. Professeur d’histoire de son état, il avait un salaire de 400.000 FCFA. Aujourd’hui, il se retrouve à la tête d’un Etat qui a un budget de 2000 milliards de FCFA, des fonds de souveraineté à donner le vertige. Automatiquement, il est pris dans la bourrasque, puisqu’on dit que le pouvoir de l’argent peut rendre fou, parce que les flatteurs, les griots se sont jetés sur lui. Mais, puisqu’il n’a pas la notion de gestion financière, il fait le social, le culturel, le scientifique, la médecine…. Il est tout à la fois. Les Occidentaux nous observent, après avoir mis Marcoussis dans nos jambes. Il n’y a rien de plus exposant que la télévision, car les experts savent lire sur les lèvres, ils connaissent la fragilité, la force, ou les faiblesses des uns et des autres et tout est géré par la parole publique. Tout ce qu’on peut faire, c’est d’implorer Dieu, le détenteur divin de toute chose. Si nous devons passer par une épreuve, l’épreuve nous la subirons. Mais il faut qu’il nous aide et qu’il fasse en sorte que nous les Ivoiriens, nous retrouvions notre esprit, qu’il déverse sa pluie de paix sur nous et sur la Côte d’Ivoire. Que les Ivoiriens eux-mêmes arrivent à construire leur paix, parce qu’ils ont appris à s’aimer les uns, les autres. Mais, il ne faut pas faire des réunions télévisées dans le politiquement détestable, où on s’embrasse tout en se détestant, tout en cherchant le malheur de l’autre. Je suis très embarrassé, parce que mon frère Gbagbo, je l’aime très bien. J’aurais bien voulu qu’il connaisse une bonne gestion, mais ce qui se passe actuellement donne beaucoup d’inquiétudes. Mais, celui qui détient la vérité, c’est le Dieu auquel nous nous adressons. Je lui demande d’éclairer Gbagbo pour qu’il se ressaisisse et retrouve son âme. Pour qu’il rentre dans la case sacrée de la nation ivoirienne, qu’il fasse la prospection pour savoir où se trouve la sagesse, afin d’avoir le discernement. Ouaga, oui, Ouaga, non ! On ne pourra jamais lire sur le document de paix de la Côte d’Ivoire, Ouaga le …, les Ivoiriens ont eu leur paix. Ce n’est pas possible, parce que l’âme ivoirienne ne se trouve pas à Ouaga. Elle se trouve à Didiévi, à Gagnoa, à Duekoué, à Yamoussoukro. Il faut arrêter ces ballades, parce que ça réjouit les gens de Marcoussis. Ils ont fait une option, puisque Gbagbo a affiché son esprit de révolutionnaire panafricaniste en essayant d’attenter à leurs privilèges. Ils se disent que même si Gbagbo est socialiste, il faut qu’ils s’occupent de lui. Mais, Gbagbo lui-même ne l’a pas compris. Etant socialiste, il avait des problèmes avec les socialistes français, qui estiment qu’il n’est pas fréquentable. Quand tu touches aux intérêts des Français, il est clair que tu as des problèmes. Nous avons été persécutés, nos pères ont été déportés et ce qui est arrivé est arrivé. Mon frère Gbagbo, gère la situation de De Villepin et de Chirac avec sagesse et sans rancoeur ! Vide ce problème de ton cœur. Ils ont détruit nos avions, Dieu saura nous donner d’autres avions. Tu gères un peuple et lorsqu’il s’agit de gérer un peuple, il ne s’agit pas de le gérer avec tes émotions personnelles. Gbagbo ne soupçonne pas ce que représente l’Etat français. « Le pouvoir d’Etat, c’est le secret d’Etat », dit-on. Mais avec le pouvoir de Gbagbo, il n’y a plus de secret d’Etat et là où il n’y a pas de secret d’Etat, il y a la vulnérabilité, la fragilité. Mais, eux ils se régalent et attendent ce qui va arriver.

Pourquoi Gbagbo ne peut pas se retrouver aussi facilement
Il faut que Gbagbo sache que le système français n’est pas facile à écarter. Qu’il approche donc ceux qui ont le savoir, l’expérience, afin qu’ils lui disent comment il faut procéder. La France est un pays ami, pas un pays colonisateur. Je ne suis pas un économiste, mais le franc CFA est un complot. En 1992, je suis allé en France avec 2 millions de FCFA, mais je ne savais pas que le franc CFA n’était pas monnayable à Paris. Je vais aux Champs Elysées et là-bas on me dit que ne n’est pas une monnaie acceptée. Je vais chez l’ambassadeur Aïdara, qui ouvre son coffre-fort plein de billets de 500 FCFA, parce que personne ne savait que le franc CFA n’était pas monnayable à Paris. J’ai dû aller à Barbès pour échanger mon argent afin de payer mon hôtel. J’ai écrit un message à Bongo, Abdou Diouf, pour leur demander dans quelle forme de mensonge ils sont en train d’embarquer les peuples africains. Nous sommes pris dans un conglomérat de mensonges et dans cette conjoncture, Gbagbo ne peut pas se retrouver. On dit que ceux qui sont autour de lui s’enrichissent, mais comment ne s’enrichiraient-t-ils pas ? A-t-on déjà vu quelqu’un avoir du miel dans la bouche et le vomir ? L’être humain est ce qu’il est et il y a trois forces qui le détruisent : l’argent, la femme et le pouvoir. Si tu parviens à résister, tu deviens un homme accompli. Si tu as le pouvoir ; la femme ou l’argent peut te déstabiliser(Rire). Si ces forces n’y arrivent pas, l’Homme connu de Dieu peut te déstabiliser, parce que tu ne le considères pas. Apprenons à respecter l’homme, c’est en cela que réside le secret.

Gbagbo doit lui-même respecter les institutions qu’il incarne
Il y a une centaine de partis politiques en Côte d’Ivoire, je me demande pourquoi certains leaders de ces partis dits grands n’étaient pas à la célébration du cinquantenaire de notre indépendance. Le Président de la République qui doit respecter les institutions de la République s’est rendu à cette célébration avec 1h30 mn de retard, alors que cette cérémonie était prévue pour 11 heures. Quelle culture peut-on donner à nos enfants, quand on ne respecte pas les institutions et ses semblables ? La jeunesse dit aujourd’hui que pour réussir il faut prendre les armes, les diplômes ne servent à rien et que celui qui n’a pas fait d’études est Premier ministre, avec un budget de plusieurs milliards de FCFA. Où allons-nous avec tout cela ? Il y a quelque chose qui ne va pas ! Il faut qu’on rentre en nous-mêmes, parce que nous avons des ressources que nous ne soupçonnons pas. Nous pouvons redresser la barre, mais pour cela, il nous faut aller au fond de nous. Il faut que le chef sache qu’en Côte d’Ivoire il y a des personnes qui ne sont pas chefs, mais qui ont de la lumière.

Fologo n’est pas représentatif de la Côte d’Ivoire
C’est le droit de Gbagbo de ne pas aller à Nice, mais qu’il représente la Côte d’Ivoire autrement, dans la subtilité, dans l’élégance. Je n’ai rien contre la personne de Fologo, mais il n’est pas représentatif de la Côte d’Ivoire à une conférence de chefs d’Etats. Les Français l’ont laissé faire, en disant « ce n’est pas grave », où « Gbagbo a-t- il perdu la boussole ? ». Sarkozy peut dire que nous sommes parentés dans l’histoire, mais ses grands parents ont colonisé la Côte d’Ivoire pendant plus de 80 ans. Ils connaissent donc la Côte d’Ivoire plus que n’importe quel chef d’Etat ivoirien. Il faut composer avec celui qui connaît ton pays plus que toi. Les multinationales françaises contrôlent la Côte d’Ivoire. Je ne dis pas que c’est leur chose, mais il faut savoir ce qu’on met dans l’indépendance économique. Quand vous vous attaquez à des multinationales qui font le tiers de votre budget national, il faut bien réfléchir. Après les événements de 2004, elles sont parties, mais elles sont revenues. Si ces sociétés avaient fermé aucun de leurs salariés, ne seraient payés. Il faut compter avec cette réalité, en faisant preuve de subtilité, d’humilité, de tact, de discrétion et de méthodologie pour gérer la crise ivoirienne.

La responsabilité des guides religieux
En tant que religieux, chacun joue sa partition. Nos dignitaires religieux font autant de déclarations politiques que les politiques n’en font dans la religion. On ne sait plus à quel Saint se vouer. L’Eglise parle, la Mosquée parle, les Temples parlent… Il y a tellement de choses dans le chapelet politique qu’on ne sait plus où se trouve la vérité. Cela est extrêmement grave. Même si les religieux constatent des travers, les messages peuvent passer aux fidèles sans faire la une des journaux. Les unes des journaux doivent être occupées par Marcoussis. Le gouvernement se réunit à Yamoussoukro et au lieu que ce soit le président de la CEI qui annonce la date des élections, c’est le Premier ministre qui le fait. Si le Premier ministre l’a fait, c’est que c’est Marcoussis qui a annoncé la date des élections, ce qui veut dire que Marcoussis contrôle la situation.

Inviter Gbagbo à la rupture du carême à la mosquée est démagogique
Notre responsabilité de religieux est engagée, nous sommes plus responsables que les politiques. Ce n’est pas tout de crier nos vérités sur la place publique, mais sachons dire la vérité qu’il faut dans le secret de notre foi. Ne faisons pas de la dotation de sucre et de riz, une publicité. Inviter Gbagbo à la rupture du carême à la mosquée est démagogique, parce que ce n’est pas sa religion. Il faut arrêter de tels comportements, même si vous estimez, comme Koudous l’a dit, que « Gbagbo a fait plus que Houphouët et Bédié pour les musulmans ». Hier, c’était lui Koudous et Fofana qui étaient aux bras de Gbagbo en train de leur lire un passage biblique pour les réconcilier à Yamoussoukro. Je leur ai écrit une lettre ouverte, dans laquelle j’ai dit que leur réconciliation est bancale, parce qu’ils ont trahi leur religion. Gbagbo ne peut pas les réconcilier, parce que les paramètres de la réconciliation islamique ne sont pas ceux du prophète Isaïe, ni de Gbagbo. L’islam n’est pas un processus de réconciliation. L’Islam, c’est la paix.

La lecture que je fais du 31 octobre 2010
C’est difficile pour un homme qui n’a pas la lecture politique, de déceler l’embuscade de l’inconnu. La preuve aujourd’hui, c’est la rébellion qui demande au gouvernement qu’on a contesté, des milliards de FCFA pour l’encasernement. Pourtant de l’autre côté, il n’y a pas l’unicité des caisses, des centaines de millions de FCFA sortent de nos matières premières pour aller dans les pays voisins. La bêtise est énorme, à tel point que les Occidentaux qui nous regardent s’amusent. Il n’est pas digne pour un soufi de faire une lecture de son immédiat, à plus forte raison aller dans l’inconnu. Nous demandons à Dieu de faire en sorte que les élections ivoiriennes se passent selon son agrément divin, que ce soit le 31 octobre 2010 ou à une autre date. Plusieurs dates ont été reportées, ce sont des ignorants qui ont donné des dates, parce que personne ne songe au maître divin qui contrôle tout. Les gens pensent que parce qu’ils ont le pouvoir, la télévision, demain sera pareil. Mais non ! Humilité-Divinité, Humilité-Humilité, Sobriété-Sobriété. Je demande aux Occidentaux de jouer leur partition. Qu’ils le veuillent ou non, la Côte d’Ivoire est un pays du monde. Avec l’ Occident, avec l’argent ou non, la Côte d’Ivoire existe et demeure.

L’attitude de Camille Aliali
Quand je vois Camille Aliali avec Banny, en train de faire une réconciliation, je me demande bien d’où il vient. D’où sort-il subitement pour réconcilier ceux qui ont animé l’action, depuis que Banny a quitté ses fonctions de Premier ministre ? Est-ce qu’il a protégé Banny pour que Soro ne soit pas Premier ministre? Peut-il admettre que Soro qui n’a jamais été à l’école prenne la place de Banny ? C’est hypocrite et ce n’est pas normal. Que Dieu nous protège, qu’il nous éclaire. Prions pour qu’il déverse sur nous, sa pluie de paix et de protection

Avec le partenariat de l’Intelligent d’Abidjan / Par Réalisée par Touré Youssouf et Dosso Villard ; Coll : Olivier Dion

Tue, 31 Aug 2010 13:32:00 +0200

0

Laisser un commentaire

Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
Accepter
Refuser
Privacy Policy