novembre 30, 2022

Mamadou Koulibaly remet les pendules à l’heure : ‘’Seuls les ignorants et les analphabètes peuvent me rétorquer que dire que si je préfère le régime parlementaire au régime présidentialiste c’est être contre Gbagbo’’

Photo : DR

«Le lendemain de ma conférence, le jour même où la presse en a fait une large diffusion, le Président de la République en Conseil de Ministres, le Jeudi 3 Juin, décide du limogeage de toute la direction de l’ENA et avant hier un nouveau Directeur Général a été nommé. Mais le président avait déjà mis en garde le vendredi 12 février 2010, s’adressant au directeur de l’ENA Mr Djé Bi Irié. ‘’ M. le directeur, l’ENA a une mauvaise réputation. On dit que pour rentrer dans votre école, il faut payer. Des deux choses l’une. Soit c’est vrai, soit c’est faux. Si c’est vrai, renoncez à ça. Si c’est faux, prouver votre innocence.’’ , a-t-il martelé. S’adressant au ministre Hubert Oulaye, Laurent Gbagbo a été catégorique :

‘’ Je ne veux plus entendre dire que l’ENA est l’épicentre de la corruption. Je ne veux plus entendre dire que les administrateurs de l’ENA sont des fraudeurs’’. Le président Laurent Gbagbo est allé plus loin en rappelant qu’il le dit parce qu’il est toujours le porte-voix des sans voix. ‘’ Démontrez que c’est faux, ce qui se dit sur cette école pour que l’ENA retrouve sa dignité. Sinon l’économie va prendre un coup à l’idée que l’agent des impôts qui a payé pour rentrer à l’école, est obligé de rembourser son argent. Il est donc obligé de voler l’Etat en se laissant corrompre ’’. Comment le Président de la République, qui est candidat à l’élection présidentielle peut-il faire cela à des cadres du parti? N’est ce pas que ça serait dangereux et contre productif de se retourner contre son propre camp ? Le Président de la République a-t-il donné un coup dans le dos du parti après avoir sorti le Ministre de la fonction publique et son staff en période électorale ? Même plus, le Président de la République prononce le limogeage de notre camarade Gnepa Barthelemy, Directeur des examens et concours de la fonction publique, Président du Conseil Général et DDC du Président de la République à Tabou. Je n’ai pas entendu le Président du parti s’en offusquer. Juste après ma déclaration, voilà tout ce que le Président de la République fait. J’en étais heureux et je me précipitais chez le Président de la République pour lui dire mes félicitations et mes encouragements pour ce geste d’audace en période électorale. Mais on me dit que j’ai fait une déclaration irresponsable qui met mal à l’aise le Président de la République et que je travaille contre le Président de la République.

J’ai tout entendu.

Moi qui pensais que la Direction du FPI m’aurait encouragé et félicité d’avoir fait une déclaration qui va dans le sens des actions du Président de la République dans cette période électorale. Que NON. Je suis vilipendé, insulté, calomnié et le plus drôle là dedans, c’est que le Président du Parti monte aux créneaux avec le Secrétaire National de la JFPI et de l’OFFPI pour demander ma démission du parti car devenu dangereux pour le pouvoir de Laurent Gbagbo. Ils font même des incursions dans ma vie privée la traitant de vicieuse et de débauchée. On ne sait pas dans cette direction, quel combat je mène. Maintenant, c’est le Président de la République qui est dans mon collimateur.

Pourquoi une telle frilosité ?(…..)

Je plaide en faveur du régime parlementaire contre le régime présidentialiste actuel et j’explique toutes ses démarches dans mon texte. Seuls les ignorants et les analphabètes peuvent me rétorquer que dire que si je préfère le régime parlementaire au régime présidentialiste c’est être contre Gbagbo. Il faut relire les anciens textes du FPI, en tout cas le choix du Congrès du FPI était ce régime, même si feu Boga a été mis en minorité à la CCCE. Depuis aucun Congrès n’est venu modifier cette préférence. Je me sens conforme à notre ligne. J’ai du mal à comprendre l’hystérie qui s’est saisi d’une partie de la Direction du FPI. Avons-nous décidé d’assumer collectivement les dérives de certains d’entre nous ? Moi je ne le peux. Avons-nous renoncé à nos valeurs et principes ? Moi je ne le veux pas.»

Encadré

Extrait de l’éditorial « Le tort de Koulibaly » signé Jean-Baptiste Akrou, DG de Frat-Mat

‘’Mamadou Koulibaly souhaite l’introduction d’un régime parlementaire où le chef de l’Etat est désigné pour cinq ans par le groupe ayant la majorité à l’Assemblée nationale. Ces dernières propositions n’ont ému personne, car ses camarades de parti les ont prises pour des dissertations d’un intellectuel idéaliste. L’opposition, adossée depuis 50 ans au régime présidentiel, voire présidentialiste, ne songe qu’aux prochaines élections avec l’espoir de revenir triomphalement aux affaires. Les propositions de réforme de la Constitution lui paraissent donc superflues, voire inutiles. (…) Grand intellectuel, il est pourtant bien placé pour savoir que se tromper de mots, aggrave les maux’’

In Frat-Mat n°13696 du 5-7-2010.

Tue, 06 Jul 2010 09:42:00 +0200

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