janvier 21, 2022

« L’Union africaine manque de dirigeants à la vision réellement panafricaine »

Alors que le Sénégalais Macky Sall doit assumer la présidence de l’UA en 2022, le chercheur Benjamin Augé revient sur les progrès et faiblesses de l’organisation.

Le président sénégalais, Macky Sall, prendra la tête de l’Union africaine (UA) en février, succédant pour un an au Congolais Félix Tshisekedi. A ce titre, il chapeautera la conférence des chefs d’Etat chargée de fixer les objectifs de l’organisation panafricaine, alors que l’institution est en pleine réforme. Benjamin Augé, chercheur associé au centre Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et co-auteur d’une note récente sur la Commission de l’UA, décrypte les enjeux de la présidence sénégalaise.

On a souvent décrit l’UA comme « un syndicat de chefs d’Etat » essentiellement préoccupé à couvrir les dérives des uns et des autres. Est-ce que cela a changé ?

L’UA souffre d’un manque de dirigeants à la vision réellement panafricaine. Au début des années 2000, il y avait le Nigérian Olusegun Obasanjo, l’Algérien Abdelaziz Bouteflika ou le Sud-Africain Thabo Mbeki, successeur de Mandela. Ces présidents avaient des moyens, ils représentaient les plus gros contributeurs et tenaient des discours panafricains.

A quoi sert la présidence de l’UA ?

Cela dépend beaucoup de qui occupe ce poste. Sur les dix dernières années, l’un des seuls à avoir vraiment marqué ses douze mois de présidence est le Rwandais Paul Kagame. Il est arrivé avec une équipe constituée, décidé à montrer qu’il peut y avoir une forme d’efficacité dans ce mandat. Il a posé les bases d’une réforme de l’institution, structurelle et financière, qui est toujours en train d’être mise en œuvre actuellement.

« Du fait de la pandémie, le bilan des dernières présidences est très modeste. L’institution n’était pas préparée à fonctionner en virtuel. »

Beaucoup de présidences sont handicapées par la faiblesse institutionnelle de leurs administrations nationales. Par exemple, la présidence congolaise, en 2021, a eu beaucoup de mal à mener ses projets à leur terme, parce que structurellement la diplomatie de la République démocratique du Congoest assez faible.

La présidence précédente, celle de Cyril Ramaphosa, est tombée au début de la crise du Covid-19. Il a géré l’urgence : trouver des financements, des vaccins, etc. Il a sauvé son année grâce à un appareil diplomatique très fort et un ambassadeur à Addis-Abeba très efficace. Mais du fait de la pandémie, depuis deux ans, le bilan des présidences est extrêmement modeste. L’institution n’était, comme beaucoup d’autres, pas préparée à fonctionner en virtuel.

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