
« Le Président Ouattara ne me dira pas un jour qu’il n’est pas comptable des déviations et des écarts de langage de ses plus proches collaborateurs. Il est non seulement le chef de l’Etat mais aussi Président du Rdr. Amadou Soumahoro, en dehors de sa qualité de député et de Secrétaire général par intérim du Rdr, est aussi son conseiller spécial. Il en est de même pour Joël N’guessan et de bien d’autres qui croient avoir tout gagné aujourd’hui parce que M. Ouattara est aux affaires. Nos parents qui ne demandent que le développement de leurs terroirs, n’ont pas besoin de ce cinéma. Ils commencent à s’en inquiéter et nous avons tous peur que les discours de ces cadres ne dressent tout le monde contre nous » prévient Doumbia Massandjé, originaire d’Odienné et Président d’une micro-finance. Idem pour Coulibaly Moustapha qui estime quant à lui, que la situation est préoccupante, non sans inviter le Président de la république, à déployer toutes sortes de méthodes pour rabattre le caquet à ces « oiseaux de mauvaises augures » qui gênent sa politique de « vivre ensemble ».
Peur panique au grand nord
Les sorties hasardeuses de certains cadres du Rassemblement des Républicains ainsi que les contenus orduriers de leurs différentes interventions, ne sont plus du goût de nombreuses personnes originaires du nord de la Côte d’Ivoire. De plus en plus, celles-ci se sentent directement menacées chaque fois que les sieurs Amadou Soumahoro et Joël N’Guessan prennent publiquement la parole. Avec tous les bruits de bottes qui menacent les frontières ouest, les nordistes ont bien peur d’être les cibles de ce nouveau « commando invisible » dont certains affirment travailler pour l’ancien régime d’Abidjan et qui est encore introuvable dans le massif forestier de l’ouest. Aux dernières nouvelles, des attaques ont désormais lieu sur tout le long de cette frontière où des citoyens, laissés pour compte, sont impunément assassinés en longueur de journée. « Nous disposons à ce jour d’une foule d’informations laissant croire que notre région est la future destination de ces mercenaires et miliciens qui nous prennent pour cibles depuis de nombreuses années, du fait de notre appartenance au Rdr et aux idéaux de M. Ouattara » renchérit Koné Kassoum, technicien de froid et qui reconnaît avoir combattu contre les pro-Gbagbo au plus fort de la crise postélectorale. Depuis qu’ils ont pris pieds à l’ouest, aucun combat n’a véritablement eu lieu entre les forces combinées (Frci, Onuci, Minul…) et les groupes armés dissimulés dans la nature. La forêt est vaste et intense, toute chose qui ne facilite pas son survol. En face, les forces venues d’Abidjan continuent d’ignorer la nature des armes que peuvent éventuellement avoir les rebelles. Sauf qu’au démesurant, ceux-ci arrivent toujours à déjouer les dispositifs policiers et militaires tendus comme embuscades pour les cueillir. De sources introduites, il revient que des soldats Frci qui prennent part à l’expédition, s’amuseraient plutôt à faire de la villégiature que d’opter pour la concentration. En plus de mitraillettes et de cartouches, on trouverait aussi dans leur baluchons, appareils photos et caméoscopes. Commandant Loss, ancien chef de guerre, bien connu à Man pour avoir contrôlé sans partage cette région montagneuse, est cité comme étant l’une des pièces maîtresses de la traque aux assaillants. Nordiste lui aussi, miliciens et mercenaires auraient juré de se rendre coûte que coûte au nord et de faire la peau à ses habitants, traditionnellement acquis au Président Ouattara Alassane.
Touré Vakaba in Boigny Express
Thu, 21 Jun 2012 05:43:00 +0200
