Côte-d`Ivoire : Ouattara doit mettre fin aux persécutions des journalistes

Monsieur le Secrétaire général Ban Ki-moon: A l`approche de votre rencontre de ce mercredi avec le nouveau président de Côte-d`Ivoire, Alassane Ouattara, et compte tenu de votre engagement de faire une priorité de la liberté de la presse au cours de votre deuxième mandat des Nations unies pour le secrétariat général, nous vous demandons d`exhorter Ouattara à renforcer la primauté du droit, de la l`impartialité de la justice, et la promotion de la réconciliation nationale en mettant fin à la persécution des journalistes et des médias favorables à l`ancien président Laurent Gbagbo. Depuis juillet 2011, les autorités nommées par Ouattara ont tenu Hermann Aboa, un journaliste de la Radiodiffusion Télévision public national Rti, sur un tas de charges antiétatiques – qui comprennent l`incitation à la haine et l’atteinte à la sûreté de l’État – pour son rôle comme l`un des quatre modérateurs d`une émission intitulé Raison d`État qui ventait les actions de Gbagbo, pendant la crise politique de cinq mois. Les accusations d`incitation à la haine et d`atteinte à la sûreté de l’État ne doivent pas être banalisées, et après avoir visionné des images de ce programme, le Cpj estime que ces accusations portées contre Aboa sont sans fondement et sa poursuite sélective est motivée par la vengeance politique. Le gouvernement Ouattara détient également depuis des semaines six autres journalistes, d`anciens journalistes et personnalités des médias sur les mêmes charges antiétatiques prétendument pour leur militantisme en faveur de Gbagbo. Enfin, les combattants des Forces républicaines de Côte-d`Ivoire (Frci), pro-Ouattara, occupent illégalement les locaux de deux médias pro-Gbagbo, Radio Yopougon et du groupe de médias La Refondation, depuis la prise de la capitale économique Abidjan. Les combattants des Frci ont aussi été impliqués dans des actes de brigandage, d`intimidation des journalistes pro-Gbagbo, et de l`assassinat du rédacteur en chef adjoint de Radio Yopougon, Sylvain Gagnetaud Lago, selon des recherches du Cpj, des journalistes locaux et plusieurs témoignages. Les deux protagonistes du conflit ivoirien ont commis des abus contre la presse durant la crise politique. Ouattara est arrivé au pouvoir avec la rhétorique de la réconciliation nationale, mais son gouvernement est plutôt acharné à persécuter les anciens critiques dans la presse concurrente. Nous vous demandons d`encourager Ouattara à réaliser ses promesses de justice et d’équité, faites lors des campagnes électorales, en mettant fin à cette rhétorique de poursuites politisées des journalistes favorables à Gbagbo, et en livrant à la justice les membres de son administration et les forces de sécurité impliquées dans l`occupation des médias et ceux qui harcèlent les journalistes. Nous vous remercions de votre attention à cette question urgente. Cordialement,

Joël Simon, Directeur exécutif

Sat, 30 Jul 2011 00:53:00 +0200

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