novembre 27, 2022

Enquête express / Paquinou 2010 Faible affluence dans les gares routières

Photo : DR
Adjamé, l’horloge affiche 11h 43 à notre arrivée à Renault. La fièvre des départs massifs à destination des localités de la vallée du Bandaman n’a pas touché ce carrefour qui mène à la gare de nombreuses compagnies de transport desservant essentiellement les localités de la Vallée du Bandaman. Sur la voie menant à la gare de la compagnie UTB en plein cœur de l’ancienne gare routière d’Adjamé, l’ambiance de Paquinou n’est pas perceptible. L’an dernier, à la même période, tout le long de cet axe, chaque compagnie avait installé en son sein une logistique composée entre autres de décibels qui lâchaient des sonorités musicales fortement prisées du pays Baoulé. Si bien que les passagers impatients en attente de cars et d’auto cars depuis des heures, se plongeaient à partir d’Abidjan dans la fête. Ce qui permettait à tout usager et tout passant de s’imprégner de l’ambiance de Paquinou avant la fête proprement dite. Mais cette année, rien. Sur notre passage, des jeunes coxers hèlent à tue-tête des passagers en partance pour Bouaké à bord de mini cars appelés communement Massa. Ces minicars immobilisés pour la fête, ne font pas le plein immédiatement.

Les cœurs pas à la fête…
Contrairement à l’an dernier, où les passagers se battaient pour se faire une place dans un véhicule. Selon l’un des responsables de cette compagnie, les cœurs ne sont pas à la fête en raison de multiples rebondissements du processus de paix avec « ses crises » dans la crise. « Cette année, ce n’est pas la grande affluence. Les ‘’Baoulés’’ ne sont pas fortement mobilisés. Ils ne sont pas sortis massivement comme l’an dernier parce que tout simplement les cœurs ne sont pas à la fête. Et cela est intimement lié à mon avis à la situation du processus de sortie de crise avec ses crises dans la crise qui éclatent au moment où on s’y attend le moins. Nous avions fait des projections qui n’ont même pas été atteintes. C’est pourquoi nous regrettons d’avoir délocalisé des véhicules en direction de Bouaké », a témoigné Ahmed Touré, guichetier d’une compagnie de transport Massa. De cette compagnie que nous quittons à 12h27, nous mettons le cap sur la compagnie UTB en plein cœur de la gare routière d’Adjamé. Et ce, après un tour à la gare MTT où les responsables ont opté avec des fortunes diverses pour la desserte Abidjan-Yamoussoukro. Un choix motivé par le fait que les mini-cars mobilisés restaient quasiment vides et attendaient désespérément des passagers en partance pour Bouaké. A la gare UTB, fief des candidats de Paquinou au village, le même constat de la faible affluence se présente à nous. Nous l’imputons tout de suite à la mobilisation de nombreux auto cars par les responsables de cette compagnie pour éviter que des candidats à Paquinou 2010 au village dans la vallée du Bandaman restent sur les bords de la lagune Ebrié pour n’avoir pas eu de véhicules. Mais non. Les responsables de cette compagnie ont certes mis dans le trafic de nouveaux véhicules, mais la réalité est que l’édition 2010 de Paquinou n’a pas connu l’affluence des années antérieures. « Il y a eu du renfort du parc auto avec de nouveaux cars que nous avons mis sur le circuit aujourd’hui même. Mais cela n’explique pas le nombre de passagers particulièrement réduit de passagers que vous avez trouvé sur place. A cette heure (midi), on en était au double, voire au triple l’an dernier. Il n’y a pas d’affluence cette année », a souligné M. Kouamé Martin, Contrôleur à la gare UTB d’Adjamé. Non sans indiquer que 340 passagers à destination de Bouaké doivent embarquer dans les cars qui ne sont pas arrivés à cette heure à la gare en raison d’un blocage du trafic lié à une cérémonie de la fluidité routière initiée par l’Etat Major des Armées à Elibou et Gesco. « Il y’a 340 passagers en partance pour Bouaké qui sont impatients mais le retard n’est pas de notre fait. Les cars n’assurent pas le retour. C’est pourquoi ils sont encore là. N’eut été ce fait, vous aurez trouvé la gare quasi déserte, a-t-il ajouté.

Mais, A la prière.
A la gare UTB dans la commune de Yopougon où nous avons mis le cap à 14 heures, tout comme à la gare Massa, le mouvement des départs en pays Baoulé était également timide. « Je suis venu accompagner mes enfants. Paquinou cette année au village ne m’intéresse pas parce qu’il n’y a pas d’argent. J’ai préféré laisser les enfants partir s’amuser. Mon épouse et moi allons rester pour non pas faire la fête mais la prière. C’est ce que le contexte de crise nous impose. Il nous faut prier pour que la crise prenne définitivement fin et après, on pourra s’amuser au maximum sans crainte et peur au ventre », a noté Kouakou-Kouakou Martin, cadre dans une entreprise de la place. « Il y a des convois qui ont été organisés et les passagers ont embarqué dans des lieux fixés par les organisateurs. Cela explique aussi ce niveau d’affluence dans les gares », a noté Yssouf Koné, agent à la gare Massa de Yopougon. Mais ces convois ne peuvent justifier à eux seuls l’ambiance qui a prévalue dans les gares d’Adjamé et de Yopougon où des mini cars et cars ont attendu les passagers. Ce qui contraste avec l’effervescence de l’an dernier dans les gares.

Avec le partenariat de L’Intelligent d’AbidjanM Tié Traoré

Sat, 03 Apr 2010 09:43:00 +0200

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