janvier 28, 2023

Ratissage des Frci à l’hôpital de Bonoua : Ce bilan caché par Paul Koffi Koffi

Les habitants de la cité de l’ananas reprennent vie, peu à peu : commerces, transports, restaurants, tout renaît, malgré le souhait des responsables Frci de la localité, un peu inspirés d’instaurer un couvre-feu à partir de 18h. Pour, disent-ils, continuer la traque des assaillants. Mais l’idée n’a pas prospéré. Par la faute des populations, lasses de cette situation et qui n’entendaient surtout pas donner l’occasion à qui que ce soit pour les racketter, encore. En sus, la circulation des biens et des personnes sur cette voie terrestre internationale qui relie la Côte d’Ivoire au Ghana, est bien trop importante, pour subir les humeurs de quelques zélés éléments tenant des armes mais qui chaque fois sont surpris par les attaques.
Dans la nuit du dimanche, quelques heures après l’attaque, les Frci, à la recherche d’assaillants, ont investi l’hôpital de Bonoua, bien tenu par Dr Lasme Bernard, dont l’autorisation n’a pas été requise. Et le résultat de leur ratissage a été au-delà de leurs espérances. On se demande bien pourquoi les autorités militaires n’ont pas fait cas de cela à la télévision. Témoignages de quelques responsables de l’hôpital, sous un prudent anonymat, bien sûr : «Cette nuit-là, les éléments Frci, prétextant que des assaillants ont traversé l’enceinte de l’hôpital, y ont également pénétré non sans tirer des coups de feu partout. Des douilles ont été retrouvées dans l’enceinte de l’hôpital le lendemain matin (le lundi 15octobre. « L’Eléphant » a pu observer quelques-unes). Les tirs des éléments Frci ont provoqué une très grande frayeur et une véritable panique tant au niveau du personnel médical que des malades ». Et la suite de ce rodéo ? « Malheureusement, deux personnes âgées, une femme et un homme, hospitalisées pour des problèmes d’Hypertension n’ont pas pu supporter la pression. Ils sont tous deux morts à intervalle seulement de cinq minutes ». Mais, ce n’est pas tout. «Nous avons également évacué à Grand-Bassam, trois membres d’une famille atteints par des éclats d’obus, tombés dans leur domicile. Nous avons le père blessé au pied, la mère blessée au niveau du bas ventre et leur bébé blessé au bras ». Ensuite ? «Nous avons aussi évacué deux jeunes hommes atteints par balles. Ils sont tous deux âgés respectivement de 30 ans et 25 ans. Le plus âgé avait expliqué qu’il revenait tard de son champ d’hévéa qu’il surveillait parce qu’il venait de faire la saignée, lorsqu’il a été touché par une balle. Le second a expliqué qu’il se trouvait à la station d’essence située dans le village de Samo, quand il a pris une balle. Mais nous n’avons plus aucune nouvelle de ces deux-là…puisqu’ici, des éléments Frci, avaient voulu emmener avec eux ces deux hommes qu’ils soupçonnaient de faire partie des assaillants. Une demande à laquelle nous n’avions pas accédé… ». Mais, une fois à Grand-Bassam, leur sort dépendait maintenant de Dieu. Un autre fait non moins marquant s’est aussi produit cette nuit-là. Les responsables de l’hôpital ont révélé qu’après le long temps de ratissage des éléments Frci dans l’enceinte de l’hôpital, deux paires de chaussures rangers, appartenant au vigile de l’hôpital ont disparu. N’allez pas croire que sous le feu des tirs, un ou deux éléments Frci ont eu le temps de mettre en lieu sûr ces chaussures. Surtout que dans la ville, on peu de plus en plus apprécier à moto, certains de ces éléments chaussés fièrement de sandalettes. C’est vrai que la combinaison treillis sandalettes.
Bref, les Frci ont réalisé des exploits dans l’hôpital de Bonoua. Reprenons le bilan. Côté malades : deux morts. Côtés Frci : Deux paires de chaussures Rangers emportées.

Mahi Mikeumeuné in L’Éléphant Déchaîné

Sat, 20 Oct 2012 11:32:00 +0200

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